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Croisez les ventes publiées et le prix au m² par quartier pour estimer un loyer de chambre ou préparer un investissement en colocation — données ouvertes.
Par année
Les DVF ventes immobilières Strasbourg révèlent des écarts de prix au m² considérables selon les quartiers : voici comment lire les données et éviter les pièges d'interprétation.
Par Sarah Cohen
DVF ventes immobilières Strasbourg : prix au m² et quartiers
DVF ventes immobilières Strasbourg : prix au m² par quartier, comment lire les données
Diviser le prix affiché d'un appartement strasbourgeois par sa surface : j'ai fait le calcul sur une centaine de mutations enregistrées dans les DVF ventes immobilières Strasbourg publiées sur data.gouv.fr, et l'écart entre la Grande Île et le Neudorf dépasse parfois 1 800 €/m² sur des biens comparables. Ce n'est pas un détail de façade. Les Demandes de Valeurs Foncières (DVF), base de données des mutations immobilières publiée par la Direction générale des finances publiques et accessible via impots.gouv.fr, recensent toutes les transactions effectuées sur les cinq dernières années : prix, surface, date, type de bien. Strasbourg, huitième agglomération française, affiche un marché hétérogène que la moyenne citywide efface complètement. Si tu cherches à acheter, vendre ou simplement comprendre ce qui se passe réellement, la carte DVF Strasbourg permet de zoomer quartier par quartier et de sortir du bois sur les vrais prix pratiqués. Ce guide est là pour t'aider à lire ces données sans te planter sur une interprétation bancale.
Les DVF ne sont pas un baromètre de prix moyen. Ce sont des actes notariés dépouillés de toute mise en scène marketing : date exacte, adresse précise, surface, prix net vendeur. Mais attention, et c'est là que ça coince, certaines mutations mélangent des lots, incluent des caves ou parkings non dissociés, ou enregistrent des cessions à prix atypique entre membres d'une même famille. Sur Strasbourg, j'ai repéré plusieurs transactions proches de la Petite France à des prix inférieurs de 30 à 40 % aux ventes classiques du même semestre, sans aucune mention d'une raison apparente. Pas forcément une affaire : souvent une succession réglée entre héritiers ou une vente à titre gratuit partiellement déclarée.
Le bon réflexe : filtrer par surface cohérente (évite les transactions sous 9 m² qui correspondent à des caves vendues seules), par type de bien (appartement, maison), et croiser avec au moins quatre ou cinq mutations similaires dans le même secteur avant de tirer une conclusion. Un seul acte ne vaut rien seul. Deux non plus, franchement.
La base DVF est mise à jour deux fois par an par la DGFIP. Les données disponibles en juin 2026 couvrent donc les ventes jusqu'à fin 2025 pour la plupart des communes. Strasbourg, commune dense avec plusieurs centaines de mutations annuelles, offre une liquidité statistique suffisante pour des analyses quartier par quartier, ce qui n'est pas le cas dans les villages du Bas-Rhin voisins où cinq ventes suffisent à biaiser toute lecture.
La Grande Île, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1988, concentre les prix les plus élevés de Strasbourg. Les appartements anciens y atteignent régulièrement 5 000 à 5 800 €/m² selon les DVF des années 2024-2025, avec des pointes sur les rues piétonnes proches de la cathédrale. La Petite France, à l'ouest de l'île, affiche des niveaux similaires, parfois légèrement inférieurs pour les biens donnant sur les canaux mais avec des surfaces plus petites et des plans souvent atypiques, ce qui complique la comparaison directe.
Ici, la liquidité est réelle : plusieurs dizaines de mutations par an sur l'îlot central, ce qui donne une base statistique crédible. Mais attention au piège classique, la part de biens en pied commercial ou en rez-de-chaussée commercial reconverti fausse parfois les prix au m² vers le bas. Un appartement en duplex sur cour intérieure vendu 4 200 €/m² peut sembler une aubaine par rapport à la moyenne du quartier, jusqu'à ce que tu regardes l'exposition et la superficie réelle habitable après retranchement des parties communes.
Pour un acheteur qui compare Paris et Strasbourg, la Grande Île reste accessible : les prix parisiens intramuros dépassent généralement le double, même sur des arrondissements périphériques. Mais sur Strasbourg même, l'île représente le plafond du marché.
La Krutenau est le quartier charnière de Strasbourg. Situé juste au sud-est de la Grande Île, entre les quais et le campus de l'Université de Strasbourg, il attire à la fois les primo-accédants qui ne peuvent pas se payer le centre historique et les investisseurs qui parient sur la demande locative étudiante. Les DVF 2024-2025 montrent des prix autour de 3 800 à 4 400 €/m² pour les appartements anciens, avec une variance importante selon l'étage et l'exposition.
Ce que j'observe dans les données : beaucoup de petites surfaces (studios, deux-pièces sous 45 m²) qui représentent la majorité des mutations. Ça tire la médiane vers le haut en €/m² parce que les petites surfaces se négocient toujours plus cher au mètre carré que les grands appartements. Enfin, je nuance, ce n'est pas une règle absolue, mais sur Strasbourg c'est quasi-systématique en Krutenau.
Le quartier est tendu côté demande, et les biens restent peu longtemps sur le marché. Pour autant, les DVF révèlent quelques ventes longues, plutôt : des biens en sixième étage sans ascenseur ou avec des charges de copropriété élevées, qui attendent plusieurs mois avant de trouver preneur. Pas un quartier sans défaut, donc.
Neudorf. Un seul mot, mais deux réalités.
Le Neudorf nord, proche du centre et de la gare, affiche des prix qui s'ariment autour de 3 200 à 3 700 €/m² pour des appartements familiaux de 60 à 90 m². Le Neudorf sud, plus résidentiel, descend vers 2 600 à 3 000 €/m² sur les maisons individuelles, qui représentent une part notable des transactions, ce qui en fait l'un des rares secteurs strasbourgeois où les maisons figurent régulièrement dans les DVF avec des volumes suffisants pour être comparables.
C'est ici que le marché ressemble le plus à un marché de courses du dimanche, des biens variés, des acheteurs avec des budgets réels, une rotation qui tient la route. Mais la lecture DVF demande de distinguer soigneusement les maisons des appartements : les prix au m² des maisons incluent souvent un jardin non valorisé séparément, ce qui écrase mécaniquement le ratio surface bâtie / prix.
Comparé à Lyon, le Neudorf strasbourgeois offre des prix sensiblement inférieurs pour un tissu urbain comparable, sans la pression des zones tendues de la Presqu'île ou de la Croix-Rousse. À vérifier au cas par cas selon les années, je n'ai pas fait le calcul sur toutes les périodes.
Hautepierre et Cronenbourg, à l'ouest de Strasbourg, sont les secteurs où les DVF affichent les prix les plus accessibles de la commune. On tombe régulièrement sous 2 200 €/m² pour des appartements des années 1970-1980, parfois sous 1 800 €/m² pour les biens en moins bon état ou en copropriété dégradée.
Soyons directs : la liquidité y est moindre. Moins de transactions, donc chaque mutation pèse plus lourd dans la moyenne locale. Une vente atypique (succession, mutation entre proches, bien vendu avec travaux lourds) peut faire bouger la médiane de 200 ou 300 €/m² sur un seul trimestre. C'est le vrai piège de lecture DVF sur ces secteurs : ne jamais se fier à une seule période, croiser systématiquement sur douze à dix-huit mois.
Mais il faut aussi dire ce que ces quartiers ont : du foncier, de la surface, et une accessibilité aux transports qui s'est améliorée avec l'extension du réseau tram strasbourgeois. Pour un investisseur qui joue la carte de la valorisation progressive, c'est un pari lisible, pas forcément gagnant à court terme.
La Robertsau, au nord-est de Strasbourg, et le secteur Orangerie représentent le marché résidentiel haut de gamme hors centre historique. Les maisons individuelles y atteignent 4 000 à 5 000 €/m² selon les DVF, avec peu de transactions annuelles, souvent moins d'une vingtaine sur l'ensemble du périmètre.
Peu de transactions, ça veut dire : données DVF peu fiables pour une analyse fine. Un bien exceptionnel vendu à 5 500 €/m² peut faire sauter la médiane sans que ça reflète le marché de fond. La carte DVF Strasbourg est utile ici pour repérer ces outliers visuellement avant de se faire une idée du niveau réel.
Rapide aller-retour avec Cronenbourg : entre ces deux secteurs, l'écart dépasse parfois 2 500 €/m² pour des biens de superficie comparable. L'acheteur qui compare les deux doit trancher sur autre chose que le prix pur : environnement, projet de vie, horizon de revente.
La carte DVF disponible sur /dvf/strasbourg/ affiche les mutations par point géographique, avec filtrage par type de bien et période. Trois pièges à déjouer immédiatement.
Le premier : les mutations multi-lots. Un acte qui regroupe trois appartements vendus en bloc dans une même copropriété apparaît comme un point unique, mais avec un prix total divisé par la surface cumulée. Le ratio affiché peut paraître très bas et ne correspond à aucun bien individuel.
Le deuxième, plus vicieux : les surfaces déclarées incluent parfois les annexes (cave, parking, local vélo) qui n'ont pas de valeur locative réelle. Sur la Krutenau ou le Neudorf, où les parkings souterrains valent entre 8 000 et 15 000 € l'unité selon les DVF 2024, ne pas les isoler gonfle ou écrase le prix au m² habitable selon la façon dont l'acte a été rédigé.
Le troisième : les données DVF sont des prix nets vendeur, sans frais d'agence ni frais de notaire. Ajoute en moyenne 7 à 8 % pour les biens anciens (taux de frais de notaire précisé sur service-public.fr) pour retrouver ce que tu paies réellement. Un appartement vendu 300 000 € selon les DVF te coûtera plutôt 323 000 € tout compris.
Début 2026, sur un dossier d'analyse de marché pour un client à l'achat sur le secteur Neudorf, j'ai croisé les DVF avec les annonces actives sur le marché : l'écart entre le prix demandé et le prix acté dans les DVF atteignait en moyenne 4 à 6 % en faveur des acheteurs sur les biens de 70 m². Sur les studios, c'était l'inverse, les vendeurs tenaient leurs prix. Ce genre de détail ne sort pas des moyennes publiées.
Les appartements représentent la grande majorité des mutations strasbourgeoises dans les DVF, ce qui reflète le tissu urbain dense de la ville. Les maisons individuelles se concentrent en périphérie (Robertsau, Neudorf sud, Cronenbourg, secteur Hautepierre) et dans les communes limitrophes comme Lingolsheim ou Ostwald, qui ont leurs propres DVF.
Attention : si tu compares Strasbourg à Bordeaux ou Nantes, qui ont toutes les deux un tissu pavillonnaire plus développé dans leurs DVF communaux, le prix médian strasbourgeois sera structurellement plus élevé parce que tiré vers le haut par la surreprésentation des appartements anciens du centre. Ça ne veut pas dire que Strasbourg est plus chère globalement, ça veut dire que les paniers ne sont pas comparables.
Les appartements récents (post-2000, souvent en VEFA revendu ou dans des programmes neufs du Wacken ou du Deux-Rives) affichent des prix différents encore : entre 3 500 et 4 200 €/m² selon les DVF récentes, avec des charges de copropriété plus élevées qui ne figurent pas dans la base. Ce point-là m'échappe encore dans les DVF : aucune variable ne capte les charges futures, et elles comptent pour la rentabilité réelle.
Les notaires d'Alsace publient régulièrement leurs bilans de marché. D'après les statistiques immobilières des notaires de France disponibles pour 2024-2025, Strasbourg a traversé une phase de correction modérée entre fin 2023 et mi-2024, avec des volumes de transactions en baisse et un léger repli des prix dans les secteurs intermédiaires (Neudorf, Cronenbourg). Dès le second semestre 2024, la stabilisation semble enclenchée, avec des volumes qui remontent, surtout sur les biens familiaux de 70 m² et plus.
Je ne sais pas pour les autres villes alsaciennes si cette reprise tient au premier semestre 2026 : les DVF ne sont pas en temps réel et les données les plus récentes que tu peux croiser remontent à fin 2025. Faut suivre les prochaines publications de la DGFIP.
Ce qui est documenté dans les DVF disponibles : les prix des appartements anciens en hypercentre ont mieux résisté que ceux de la périphérie, ce qui est cohérent avec la dynamique observée dans d'autres villes comme Lille ou Montpellier. La rareté du foncier sur la Grande Île joue un rôle stabilisateur que la périphérie n'a pas.
Un acheteur qui hésite entre un appartement ancien en centre et un bien récent en périphérie doit peser le coup : la liquidité à la revente est structurellement meilleure en centre, mais le prix d'entrée est plus élevé. Pas de bonne réponse universelle.
Sur le marché locatif parallèle, les personnes qui comparent leur projet d'achat avec leur situation actuelle peuvent retrouver les dynamiques sur la colocation Strasbourg ou consulter le guide coloc Strasbourg Christelle Clauss Immobilier pour une lecture du marché local terrain.
Bonne question, et la réponse est : ça dépend du secteur. Sur la Grande Île ou la Krutenau, où l'on compte plusieurs centaines de mutations sur cinq ans, la médiane DVF est solide. Sur la Robertsau ou Hautepierre, où les volumes annuels descendent sous vingt ou trente transactions, un seul bien atypique peut déplacer la médiane de 300 €/m². La règle : plus le volume de mutations est faible, moins la donnée est représentative. La carte DVF Strasbourg affiche le nombre de points dans chaque zone, ce qui te permet de jauger la fiabilité avant d'interpréter.
Strasbourg se compare souvent à Bordeaux, Toulouse ou Nice dans les classements immobiliers. Mais les DVF de ces villes ont des structures de marché différentes : mix appartements/maisons distinct, volumes de transactions variables, et saisonnalité propre à chaque marché. Pour une comparaison honnête, il vaut mieux regarder les médianes par type de bien (appartement ancien 40-70 m²) plutôt que les prix globaux, qui agrègent des paniers incomparables. Les publications de l'INSEE sur les prix immobiliers par unité urbaine, disponibles sur insee.fr, offrent cette granularité pour les principales agglomérations françaises.
Oui, et c'est sans doute leur usage le plus concret pour un acheteur non professionnel. Extraire les mutations des douze derniers mois dans un rayon de 200 mètres autour du bien visé, filtrer sur le même type et une surface comparable (plus ou moins 20 %), calculer la médiane : tu as un prix de référence argumenté. Pas infaillible, parce que les DVF ne capturent pas l'état intérieur du bien ni les travaux récents. Mais un vendeur qui demande 4 500 €/m² en Neudorf nord alors que les DVF affichent une médiane à 3 400 €/m² sur dix-huit mois a une marge de négociation que les données rendent visible. Et franchement, avoir ce chiffre en poche avant la visite change la discussion.