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Croisez les ventes publiées et le prix au m² par quartier pour estimer un loyer de chambre ou préparer un investissement en colocation — données ouvertes.
Par année
Les données DVF révèlent des écarts de prix au m² importants entre les quartiers de Toulouse en 2026. Mode d'emploi pour lire, comparer et ne pas se tromper.
Par Léa Bernard
DVF ventes immobilières Toulouse : prix au m² et quartiers 2026
Un mardi de mai 2026, j'épluchais les données DVF (Demandes de Valeurs Foncières) publiées par data.gouv.fr sur un appartement rue du Languedoc, à deux pas des Carmes. Le prix affiché par le vendeur semblait raisonnable. Sauf que la transaction voisine enregistrée dans DVF concernait un lot commercial converti, avec des annexes comptées dans la surface, ce qui faisait chuter le prix au m² apparent de 800 euros d'un coup. DVF ventes immobilières Toulouse, c'est exactement ce genre de détail qui change tout quand tu cherches à te repérer dans le marché toulousain. La base est publique, mise à jour chaque trimestre, et couvre toutes les mutations depuis 2014 environ. Mais lire un chiffre brut sans connaître la rue, le type de bien et les particularités locales, c'est comme lire une recette en sautant les temps de cuisson : tu arrives à quelque chose, mais rarement à ce que tu voulais. Ce guide part des données réelles pour comparer les quartiers de Toulouse, poser les bonnes questions, et éviter les erreurs de lecture les plus classiques.
La base DVF, accessible via data.gouv.fr et via l'outil DVF Toulouse sur ColocNow, recense chaque vente notariée : prix, surface, type de local, date. Pas de loyers, pas d'estimations. Que des transactions réelles. C'est sa force, et sa limite.
Toulouse tourne autour de 3 500 à 3 900 euros/m² en médiane sur les appartements anciens en 2025, d'après les données publiées par la Chambre des notaires de Haute-Garonne. Ce chiffre est une médiane city-wide. Il masque des écarts de 1 000 euros/m² ou plus entre un T2 au Capitole et un T3 en périphérie nord. Ce sont ces écarts qui méritent d'être dégrossis.
Piège classique : DVF agrège appartements et maisons dans certaines vues. Une maison à Lardenne vendue 320 000 euros pour 120 m² de terrain et 90 m² habitables donne un prix au m² théorique qui n'a rien à voir avec un appartement Haussmannien au même prix affiché. Avant de comparer, filtre par nature du local, et méfie-toi des mutations groupées (vente d'un immeuble entier découpé en lots).
Bref, DVF est un outil de cuisine brute. Tu as les ingrédients, pas la recette. La carte prix au m² Toulouse permet de zoomer quartier par quartier, ce qui évite de mélanger le Capitole avec la Reynerie dans une même moyenne.
Le secteur Capitole concentre les valeurs les plus élevées du marché toulousain. Les appartements anciens y dépassent régulièrement 4 500 euros/m² pour de belles surfaces, et les petites surfaces (studios, T2) peuvent atteindre 5 000 euros/m² sur les rues les plus demandées. La liquidité est forte : les biens partent vite, souvent avant même d'être visibles en ligne longtemps. Mais le volume de transactions reste limité, ce qui signifie que trois ou quatre ventes atypiques peuvent biaiser la médiane DVF locale d'une année sur l'autre. Un seul immeuble vendu en bloc peut tout tordu.
Saint-Georges, juste à l'est, partage le standing du Capitole tout en présentant un parc immobilier un peu plus hétérogène : davantage de petits immeubles du XIXe, des rez-de-chaussée parfois mixtes (commercial au bas, résidentiel au-dessus). Dans DVF, ces rez-de-chaussée commerciaux peuvent apparaître côte à côte avec des appartements, ce qui brouille la lecture. La vigilance s'impose sur le libellé « type de local » dans la base.
Les Carmes. Là, j'avoue, c'est mon secteur de prédilection pour l'analyse DVF parce qu'il concentre exactement les paradoxes du marché toulousain : des immeubles de caractère, des cours intérieures, une demande constante de la part d'acheteurs primo-accédants aisés et d'investisseurs. Les prix au m² oscillent autour de 4 000 à 4 300 euros/m² pour de l'ancien de qualité, mais les surfaces petites (moins de 40 m²) tirent le prix unitaire vers le haut. Un T1 aux Carmes peut valoir 220 000 euros, soit près de 5 500 euros/m² si le bien est rénové, avec un balcon sur cour. DVF capture ça, mais sans la photo. Tu dois recoller la donnée chiffrée avec la description cadastrale pour tomber juste.
Comparer Capitole et Carmes avec un budget acheteur de 350 000 euros : au Capitole, tu trouves difficilement plus qu'un T2 de 65-70 m² bien placé. Aux Carmes, la même enveloppe peut ouvrir sur un T3 de 80 m² en étage élevé, mais souvent sans ascenseur dans les immeubles anciens. L'arbitrage est réel. Pas si simple.
Saint-Cyprien, rive gauche de la Garonne, a connu une revalorisation nette depuis 2015. Les données DVF sur les ventes immobilières à Toulouse montrent une progression régulière du prix médian au m², qui se situait autour de 2 800 euros/m² début 2020 et a basculé vers 3 400 à 3 600 euros/m² pour l'ancien courant 2025, selon les dernières extractions disponibles.
Ce quartier mélange des profils d'acheteurs très différents. Des familles qui fuient les prix du centre, des investisseurs qui parient sur la gentrification partielle de certaines rues, et des primo-accédants qui cherchent encore un T3 sous la barre des 300 000 euros, ce qui reste faisable sur les axes secondaires. La dynamique est réelle, mais inégale : la proximité immédiate du Garonne et les rues commerçantes de Saint-Cyprien tirent les prix, quand les rues plus à l'ouest, vers Croix de Pierre, affichent des valeurs encore accessibles.
Piège DVF spécifique à ce secteur : quelques transactions portent sur des maisons de ville avec jardin ou patio, qui gonflent mécaniquement la valeur perçue au m² habitable si la surface totale n'est pas distinguée correctement. Une maison de 100 m² habitables vendue 380 000 euros à Saint-Cyprien n'est pas comparable à un appartement de 100 m² au même prix, et DVF les met parfois dans le même sac si tu ne filtre pas.
Capitole vs Lalande ou Izards au nord : l'écart peut dépasser 1 500 euros/m². Lalande, secteur nord de Toulouse, tourne autour de 2 000 à 2 300 euros/m² sur les appartements en 2025, avec un marché beaucoup plus lent. Moins de transactions, des délais de vente plus longs, une part plus importante de logements sociaux ou semi-sociaux qui n'apparaissent pas dans DVF (les ventes HLM suivent un circuit différent). Pour un investisseur, la rentabilité locative brute y est meilleure sur le papier, mais la liquidité à la revente est plus difficile à caler.
Le secteur Rangueil-Sauzelong, au sud-est, tire lui vers le haut grâce à la proximité du campus et des pôles hospitaliers. Appartements récents ou rénovés se vendent dans une fourchette 3 000-3 500 euros/m², avec une demande soutenue par les professionnels de santé et les chercheurs. La donnée DVF y est plus propre qu'au nord : les biens sont plus standardisés (résidences récentes avec surface exacte certifiée), ce qui rend les comparaisons plus fiables.
Comparer Rangueil et Lalande pour un investisseur : Rangueil offre une meilleure visibilité sur la revente et un locataire-type plus stable, mais l'apport initial est plus élevé. Lalande peut sembler attractif sur la rentabilité brute, mais attention aux délais de revente si tu dois sortir vite. DVF ne te dit pas ça directement, il faut croiser avec le volume annuel de transactions par secteur, visible sur la carte ventes DVF Toulouse.
Saint-Michel, entre le centre et la rive gauche, mérite une mention. C'est un secteur charnière : appartements anciens de qualité variable, quelques maisons de ville, des prix autour de 3 200 à 3 600 euros/m². Le marché est moins visible que les Carmes ou Saint-Cyprien dans les discussions entre agents, mais les données DVF montrent un volume de transactions régulier, ce qui en fait un terrain plutôt lisible pour l'analyse.
La carte DVF de data.gouv.fr et celle disponible sur ColocNow Toulouse permettent de visualiser chaque vente comme un point géolocalisé. Clique sur un point : tu vois la date, le prix, la surface, le type de bien. C'est là que la lecture devient intéressante, et que les erreurs se glissent aussi.
Mutations atypiques : une vente à 1 euro (donation déguisée, transfert familial) peut apparaître dans DVF. Une mutation qui inclut des dépendances non habitables dans la surface déclarée fait chuter le prix au m² apparent. Un bien vendu en VEFA (vente en état futur d'achèvement) peut avoir une date de transaction qui ne correspond pas à la livraison réelle. Ces cas sont minoritaires, mais ils existent, et ils biaiseraient ton analyse si tu fais une moyenne sur un périmètre restreint avec peu de points.
Règle pratique : sur un quartier dense comme les Carmes ou Saint-Cyprien, une vingtaine de transactions récentes suffisent pour construire une médiane fiable. Sur un secteur comme Lalande ou Lardenne, cinq ou six transactions sur six mois, c'est trop peu. La médiane DVF y est bancale par construction. Je ne te cacherai pas que ça m'a posé problème quand j'ai essayé d'analyser des microzones toulousaines lors d'un dossier début 2026 : les données DVF sur certaines rues ne donnaient que trois ventes sur dix-huit mois. Trop peu pour en tirer quoi que ce soit de solide.
Et le DPE dans tout ça ? DVF ne contient pas le diagnostic de performance énergétique. Pourtant, depuis 2025, les biens classés F et G subissent une décote croissante à Toulouse comme ailleurs. Pour croiser les données de vente avec la performance énergétique, le DPE Toulouse donne un éclairage complémentaire utile. Un appartement vendu 3 200 euros/m² à Saint-Cyprien peut être un G rénové à prix sacrifié, ou un D bien entretenu vendu à prix normal. DVF seul ne distingue pas les deux.
Toulouse reste une ville d'appartements dans ses secteurs centraux. Les maisons y sont rares et chères, souvent vendues avec terrain, garage, parfois piscine en proche périphérie. DVF distingue les deux catégories, mais certains agrégateurs en ligne les mélangent dans leur prix médian, ce qui gonfle ou dégonfle le chiffre selon le secteur.
Sur Toulouse intramuros (les quartiers du centre et première couronne), les appartements représentent la grande majorité des transactions DVF. Les maisons, quand elles apparaissent, sont souvent des maisons de ville ou des hôtels particuliers reconvertis, avec des prix unitaires très élevés qui sortent complètement de la médiane des appartements. Les intégrer dans une moyenne quartier, c'est une erreur de lecture classique.
Vers Minimes, Amidonniers, ou Borderouge, la géographie change : quelques maisons individuelles sur parcelle apparaissent dans DVF, avec des prix au m² habitable qui semblent proches de l'appartement moyen, mais intègrent le terrain. Pour un acheteur qui compare, c'est un piège : le coût réel d'une maison intègre aussi l'entretien, les taxes foncières souvent plus lourdes, et la liquidité à la revente plus incertaine. DVF capture le prix de la transaction, pas ce qui vient après.
D'autres villes françaises comme Lyon, Bordeaux ou Nantes ont des dynamiques comparables sur ce point : les maisons en centre-dense sont rares, surreprésentées dans les valeurs hautes, et faussent les moyennes si tu n'isoles pas les typologies. À Paris ou Marseille, le phénomène est encore plus marqué. Toulouse n'est pas un cas isolé, mais le marché local a ses propres particularités, notamment la pression liée à l'aéronautique et aux grandes écoles.
Le volume de transactions est le premier filtre. Moins de dix ventes sur douze mois dans un périmètre donné, et la médiane DVF devient fragile. Sur les quartiers denses (Carmes, Saint-Cyprien, Capitole), tu peux avoir confiance dans une médiane construite sur vingt ou trente points récents. Sur les zones plus diffuses, recale-toi sur le secteur élargi ou croise avec les données des notaires de France qui publient des prix médians par arrondissement ou commune. À vérifier au cas par cas, parce que les données DVF brutes ne sont pas toutes également fiables selon les secteurs.
DVF enregistre les prix réels signés chez le notaire, après négociation. Les estimations d'agences intègrent parfois des biens qui ne sont pas encore vendus, et peuvent refléter les prix affichés plutôt que les prix effectivement payés. Sur un marché qui se stabilise comme Toulouse en 2026, l'écart entre prix affiché et prix DVF peut être de 3 à 8 % selon le secteur et la qualité du bien, d'après les observations publiées dans les bulletins trimestriels des notaires. Ce n'est pas systématique, mais ça dépend vraiment de la tension du secteur et du profil du bien.
La même base DVF est disponible pour toutes les communes françaises. Lille, Strasbourg ou Montpellier ont leurs propres dynamiques, consultables avec le même outil. Toulouse se positionne en 2025 dans un segment intermédiaire : moins cher que Lyon sur les appartements anciens de centre-ville (Lyon tourne autour de 4 500 à 5 000 euros/m² sur ses secteurs équivalents), mais sensiblement plus cher que des villes comme Nantes ou Bordeaux sur certains quartiers comparables. La grille de lecture DVF reste la même partout. Ce qui change, c'est le contexte local : tissu économique, flux migratoires, tension du marché. Pour Toulouse, l'aéronautique et les grandes écoles d'ingénieurs maintiennent une pression acheteur constante que tu ne vois pas directement dans DVF, mais que tu ressens dans la vitesse des transactions.