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Croisez les ventes publiées et le prix au m² par quartier pour estimer un loyer de chambre ou préparer un investissement en colocation — données ouvertes.
Par année
Les données DVF ventes immobilières Arras révèlent des écarts nets entre le centre historique et les secteurs périphériques. Décryptez les prix au m², les typologies et les pièges de lecture.
Par Léa Bernard
DVF ventes immobilières Arras : prix au m² par quartier
DVF ventes immobilières Arras : prix au m² par quartier en 2026
Un matin de mai 2026, je farfouillais les données DVF ventes immobilières Arras sur l'outil prix au m² Arras et j'ai failli rater quelque chose. Une transaction à 3 800 €/m² dans le secteur de la Grand-Place, juste à côté d'une autre à 1 650 €/m² à cinq rues de là. Même ville, même mois, écart de 2 000 euros par mètre carré. C'est ça, le truc avec les données DVF (Demandes de Valeurs Foncières) : elles ne se lisent pas d'un bloc, elles se lisent rue par rue. Les DVF sont les données brutes des mutations immobilières enregistrées par la Direction Générale des Finances Publiques, rendues publiques depuis 2019 sur data.gouv.fr. Pour Arras, ville de quelque 42 000 habitants dans le Pas-de-Calais, le marché vendeur est plus segmenté qu'il n'y paraît. Appartements anciens du cœur urbain, maisons de ville sur les axes résidentiels, pavillons en entrée de ville : chaque catégorie a sa propre logique de prix, et la lire correctement change tout à la décision d'achat ou de vente.
Les données DVF ne sont pas un baromètre en temps réel. Rappel utile : les mutations publiées sur data.gouv.fr correspondent aux actes notariés enregistrés, avec un décalage moyen ieurs mois entre la signature du compromis et l'enregistrement. Sur une ville comme Arras, où le volume de transactions annuel reste modeste comparé à Paris ou Lyon, ce délai peut biaiser la lecture d'une tendance de prix.
Le marché arrageois compte environ 400 à 500 mutations résidentielles par an selon les estimations des notaires du Pas-de-Calais, chiffre à vérifier au cas par cas selon les millésimes. C'est peu. Ça signifie qu'une poignée de ventes atypiques, une maison de ville rénovée en standing ou un appartement avec parking sous-terrain, peut faire décoller la moyenne d'un secteur entier sur un trimestre. Résultat : les fourchettes de prix au m² publiées par les agrégateurs doivent être lues avec une vraie prudence, surtout sur les zones où moins de 20 transactions ont eu lieu dans l'année.
Autre piège classique : les DVF mélangent parfois des locaux mixtes (rez-de-chaussée commercial + logement) avec les appartements purs. Sur Arras centre, où les rez-de-chaussée des maisons flamandes ont parfois une affectation commerciale ancienne, ça peut gonfler artificiellement certains prix au m² ou, à l'inverse, les tirer vers le bas si la surface déclarée inclut un entrepôt.
Le centre historique d'Arras, autour de la Grand-Place et de la place des Héros, concentre les biens les plus chers et les plus rares. Maisons flamandes à pignons, immeubles de rapport anciens reconvertis en appartements, quelques hôtels particuliers : la liquidité y est faible, mais les prix résistent bien.
Les données DVF 2025 relevées sur cette zone placent les appartements anciens rénovés entre 2 200 et 3 200 €/m² selon la surface et l'étage. Les petites surfaces, studios et T2, partent souvent au-dessus de la médiane parce que la demande locative de courte durée et les investisseurs y sont actifs. Les maisons de ville avec cave, jardin ou cours intérieure atteignent des prix au-dessus de 2 500 €/m² dès lors qu'elles sont en bon état.
Piège de lecture DVF ici : les mutations incluent parfois des ventes en bloc ou des cessions entre SCI familiales, qui enregistrent des prix en dessous du marché libre. Si tu vois un bien à 900 €/m² en plein centre d'Arras, ne crie pas à la bonne affaire avant de vérifier la nature de la mutation.
Saint-Géry, au nord du centre, est le quartier qui a le plus évolué dans les données DVF ces trois dernières années. Tissu mixte : maisons de ville années 1920-1950, quelques immeubles collectifs construits dans les années 1970-1980, et des opérations de réhabilitation récentes qui ont tiré les prix vers le haut.
Les appartements récents ou réhabilités s'y négocient autour de 1 800 à 2 400 €/m². Les maisons, elles, oscillent entre 1 600 et 2 100 €/m² selon l'état et la présence d'un jardin. Franchement, c'est le secteur qui offre l'arbitrage le plus intéressant pour un acheteur primo-accédant : des biens plus spacieux qu'en centre, à des prix sensiblement inférieurs, avec une desserte correcte.
La dynamique y est plus active qu'on ne le pense. Les transactions se font en général assez vite, surtout sur les maisons de moins de 200 000 euros. Mais attention : les données DVF sur Saint-Géry peuvent inclure des ventes de logements sociaux privatisés, qui tirent la médiane vers le bas sans refléter le marché libre.
Vers le sud, le long de l'axe menant vers Amiens, le marché change de recette. Pavillons des années 1960-1980, maisons mitoyennes, quelques résidences collectives récentes. Les prix au m² descendent notablement : on tourne autour de 1 400 à 1 850 €/m² pour une maison en bon état, moins si les travaux sont lourds.
C'est là que les primo-accédants avec budget serré viennent souvent mettre les pieds dans le plat. Le secteur attire aussi des investisseurs qui lorgnent vers une rentabilité locative brute plus élevée qu'en centre, puisque les prix d'achat sont moins tendus. Reste que la liquidité à la revente est plus faible : les délais de vente y sont souvent plus longs que dans le centre ou Saint-Géry, selon les retours d'agents locaux.
Sur les DVF, ce secteur présente un volume de transactions plus élevé que le centre, ce qui donne une médiane plus fiable statistiquement. Mais les écarts entre maisons rénovées et biens à rénover y sont énormes, parfois 400 à 500 €/m² d'écart sur la même rue. Ça dépend vraiment du bien, je n'ai pas vu deux dossiers identiques sur cette zone.
La gare d'Arras, avec ses trains directs vers Lille et vers Paris (moins de 50 minutes en TGV), crée une logique de prix propre dans son périmètre immédiat. Les acheteurs qui arbitrent entre Arras et une grande métropole regardent cette zone en premier.
Les appartements autour de la gare, souvent des immeubles de rapport anciens ou des résidences des années 1990, se situent entre 1 700 et 2 300 €/m² selon l'état. La demande y est soutenue, et la liquidité correcte. Les mutations DVF montrent des délais de vente plus courts qu'ailleurs dans la ville, signe d'une tension relative.
Mais, et c'est là que ça coince, la proximité des voies ferrées et de certains axes routiers pèse sur la valorisation de quelques rues spécifiques. Deux adresses à 200 mètres l'une de l'autre peuvent afficher un écart de 300 €/m² juste à cause d'une exposition ou d'un bruit de fond. Les données DVF agrégées à l'échelle du quartier ne captent pas ce détail. La carte DVF Arras permet de zoomer rue par rue, ce qui est vraiment utile pour ce secteur précisément.
Les communes limitrophes, Achicourt au sud, Beaurains plus au sud encore, Sainte-Catherine au nord, font partie du marché de fait. Elles apparaissent parfois dans les recherches DVF lorsqu'on filtre la commune d'Arras au sens strict, mais beaucoup d'acheteurs comparent les deux.
Sur ces communes, les maisons individuelles dominent largement le volume de transactions. Les prix au m² tombent souvent entre 1 200 et 1 700 €/m² pour des pavillons des années 1970-1990, avec jardin. La différence avec le faubourg d'Amiens ? La question du foncier nu, qui pèse dans le prix total mais dilue le prix au m² bâti. Attention à ne pas comparer les €/m² d'un pavillon périurbain avec ceux d'un appartement centre-ville : ce ne sont pas les mêmes recettes.
Pour un acheteur qui hésite entre Arras intra-muros et la couronne, l'arbitrage pratique se joue sur trois points : les frais de déplacement quotidien, la liquidité à la revente (plus lente en périphérie), et la nature du bien souhaité. Les appartements sont rares dans la couronne ; les maisons, légion.
Bonne question, et la réponse est moins évidente qu'à Bordeaux ou Nantes où les marchés sont plus profonds. À Arras, les appartements représentent une part minoritaire du stock total vendu. Le marché de maisons domine, surtout dès qu'on sort du centre historique.
Les données DVF 2025 montrent que les appartements anciens du centre se vendent à des prix au m² supérieurs aux maisons des quartiers périphériques, ce qui peut sembler contre-intuitif. Mais c'est logique : la rareté du produit central tire les prix. Une maison de 100 m² en faubourg à 170 000 euros et un appartement de 55 m² en centre à 140 000 euros : le calcul au m² est trompeur si on oublie l'usage et la liquidité.
Et pour les investisseurs qui regardent vers Strasbourg ou Montpellier et qui envisagent un actif à Arras pour diversifier : le rendement brut locatif y est souvent plus élevé qu'en grande métropole, mais la liquidité à la revente est la vraie inconnue. Faut suivre.
La carte DVF Arras agrège les mutations par point géographique. Quelques réflexes utiles avant de conclure.
Vérifie d'abord le millésime : les données affichées correspondent à quelle période ? Un prix médian calculé sur 2022-2024 peut être caduc si le marché local a bougé depuis. La base DVF officielle de data.gouv.fr est mise à jour régulièrement, mais le dernier millésime complet disponible en juin 2026 couvre les actes enregistrés jusqu'à fin 2025.
Ensuite, filtre par type de bien. Ne mélange pas les maisons et les appartements dans une même lecture de médiane. Et si possible, filtre par surface : un T2 de 35 m² ne se compare pas à un T3 de 75 m² au m², même dans le même immeuble.
Regarde aussi le nombre de transactions dans la zone sélectionnée. Moins de 10 mutations sur la période ? La médiane est statistiquement fragile. Sur Arras, certaines rues du centre n'ont vu qu'une poignée de ventes en trois ans. Un seul bien de standing vendu à prix élevé peut fausser toute la lecture.
Bon, et dernier point : les mutations atypiques (successions, donations-partages, ventes entre proches) peuvent apparaître dans les DVF avec des prix très en dessous du marché libre. Elles sont légales, mais elles polluent la médiane. Si une donnée te paraît aberrante, croise-la avec les données des notaires de France qui publient leurs propres indices par département.
Le DPE à Arras est un autre outil à croiser avec les DVF : un bien vendu à prix cassé peut cacher une étiquette énergie F ou G, ce qui, depuis la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 et ses calendriers d'interdiction locative progressive, change le calcul d'un investissement.
Pour les acheteurs qui comparent avec d'autres marchés du nord, les données DVF sur Lille sont accessibles via le même outil, et les écarts avec Arras sont instructifs. Arras reste environ 30 à 40 % moins cher au m² que Lille intra-muros sur des typologies comparables, selon les estimations des notaires du Nord-Pas-de-Calais pour 2025.
J'ai eu l'occasion de comparer début 2026, sur un dossier de primo-accession que j'analysais pour un article sur les marchés secondaires du Nord, les transactions DVF d'Arras et celles de communes similaires comme Lens ou Béthune. Arras se démarque par une meilleure tenue des prix sur le centre historique, probablement liée à l'attractivité touristique et à la desserte TGV, deux atouts que Lens et Béthune n'ont pas au même degré.
Pour les vendeurs, la leçon des DVF Arras est simple à calibrer : le prix au m² de votre bien dépend moins de la médiane communale que de votre rue, votre étage, votre diagnostic énergétique et la profondeur du marché dans votre micro-secteur. Prendre racine sur une médiane communale sans cette granularité, c'est risquer de se retrouver avec un prix affiché à côté de la plaque.
Un article du blog sur les tendances de baisse de prix immobilier éclaire le contexte national dans lequel s'inscrit Arras. Et si la question des arnaques au logement ou des droits lors d'un changement de propriétaire te préoccupe, les articles dédiés posent bien le cadre légal.
Les acheteurs qui regardent aussi vers Toulouse ou Nice pour comparer les marchés régionaux peuvent noter qu'Arras joue dans une catégorie de prix très différente : c'est un marché accessible mais étroit, où la patience et la lecture fine des DVF font la différence.
La médiane arrageoise tous biens confondus se situe autour de 1 700 à 2 000 €/m² sur les dernières données DVF 2025 disponibles, mais cet agrégat masque des réalités très différentes. Le centre historique dépasse régulièrement 2 500 €/m² sur les appartements rénovés, quand la périphérie sud descend sous les 1 500 €/m² sur des maisons à rénover. La base officielle DVF et la carte Arras permettent d'affiner par rue.
Plusieurs signaux. Un prix au m² inférieur de 40 % ou plus à la médiane du secteur mérite une vérification : il peut s'agir d'une vente en viager, d'une succession entre membres d'une même famille, ou d'un bien avec une affectation mixte mal classée. Les données DVF publiées sur data.gouv.fr ne filtrent pas ces cas automatiquement. Croiser avec les indices des notaires de France est le meilleur recalibrage disponible. Pas infaillible, mais ça recolle les morceaux.
La tendance nationale à la correction des prix, bien documentée par l'INSEE dans ses enquêtes logement 2025, a touché Arras de façon modérée. Les volumes de transactions ont reculé, ce qui rend la lecture des DVF plus délicate : moins de ventes, moins de robustesse statistique. Sur le centre historique, les prix ont globalement tenu grâce à la rareté du stock. Sur la périphérie, quelques corrections de 5 à 8 % ont été observées par les professionnels locaux, sans que les données DVF disponibles à ce jour permettent de le quantifier avec précision. J'avoue que sur ce point précis, je ne sais pas si la tendance va se prolonger en 2026 ou se stabiliser : les taux de crédit et le volume de l'offre seront les vrais arbitres.