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Croisez les ventes publiées et le prix au m² par quartier pour estimer un loyer de chambre ou préparer un investissement en colocation — données ouvertes.
Par année
Les données DVF sur les ventes immobilières à Bayonne révèlent des écarts de prix au m² importants selon les quartiers : voici comment les lire sans se faire piéger.
Par Camille Weber
DVF ventes immobilières Bayonne : lire les prix au m² par quartier
Une clause que je vois régulièrement dans les compromis de vente bayonnais, rédigée à peu près comme ça : « Le prix de vente inclut les annexes, caves et parking sans distinction de surface ». Version corrigée : « Le prix de vente s'entend pour le lot n°X d'une superficie loi Carrez de 68,40 m², hors annexes et hors parking valorisé séparément à 12 000 euros ». Ce n'est pas un détail. Quand tu lis les DVF (données de valeurs foncières) sur Bayonne, tu tombes exactement sur ce type d'ambiguïté : un prix de mutation qui agrège plusieurs lots, une surface déclarée qui ne correspond pas à ce qu'un acheteur entendrait par « surface habitable ». Les DVF ventes immobilières Bayonne sont publiques depuis 2019 sur data.gouv.fr, mais les lire sans méthode, c'est comme déchiffrer une archive notariale sans index : tu peux y passer une après-midi et en sortir plus confus qu'en entrant. Le marché bayonnais en 2025-2026 a montré une tension persistante sur les petites surfaces et un ralentissement relatif sur les maisons de ville. Voici comment démêler tout ça, quartier par quartier.
Les DVF enregistrent les mutations à titre onéreux : ventes, échanges, licitations. Pas les successions, pas les donations, pas les ventes entre membres d'une même famille en dessous du marché. À Bayonne, ça compte parce que certains quartiers anciens ont une forte proportion de transmissions patrimoniales qui n'apparaissent jamais dans les données. Du coup, le prix médian affiché sur une rue peut être biaiser vers le haut ou vers le bas selon la composition des ventes de l'année.
Autre piège de lecture : la surface. Les DVF reprennent la surface déclarée à l'acte, qui peut être la surface loi Carrez pour un appartement en copropriété, ou la surface du bâti pour une maison, ou même une surface approximative reprise d'un ancien acte. J'ai vu des mutations où la surface était identique à celle enregistrée lors de la vente précédente quinze ans plus tôt, sans aucune vérification. Résultat : un prix au m² calculé à partir d'une surface fausse.
Et les mutations atypiques ? Vente forcée suite à saisie, vente en viager, vente avec réserve d'usufruit : toutes apparaissent dans les DVF avec leur prix de cession, sans mention du contexte. À Bayonne, les ventes de viager occupé dans certains secteurs résidentiels peuvent faire chuter artificiellement la médiane d'une rue entière si elles sont concentrées sur une année. Pas si simple à détecter sans croiser avec le volume de transactions.
La carte DVF sur /dvf/bayonne/ permet de zoomer rue par rue et de voir le nombre de transactions sur la période : moins de 5 ventes sur 3 ans dans un secteur, la médiane n'a aucune valeur statistique. C'est le seuil sous lequel je deviens, à mon avis, très prudente avant de citer un chiffre.
Le Grand Bayonne, coeur historique avec ses remparts et ses maisons à colombages, concentre les prix les plus élevés de la ville pour les appartements anciens. Les données DVF 2024-2025 font apparaître des médianes autour de 4 200 à 4 500 euros le m² pour des appartements dans les rues piétonnes proches de la cathédrale Sainte-Marie, avec des pointes dépassant 5 000 euros le m² sur des biens rénovés avec vue sur l'Adour. Ce sont des chiffres que tu peux retrouver sur les statistiques notariales et qui correspondent à ce que je lis dans les DVF brutes.
Saint-Esprit, rive droite de l'Adour, est un cas à part. Quartier populaire longtemps boudé, il a basculé sur la dernière décennie vers une clientèle de primo-accédants et d'investisseurs attirés par des prix encore inférieurs de 15 à 20 % à ceux du Grand Bayonne, selon les relevés DVF 2024. Attention : la liquidité y est moins bonne. Les délais de vente sont plus longs, et les DVF montrent des volumes de transactions plus faibles que dans le centre. Ce n'est pas un quartier où revendre vite est garanti.
Piège DVF local : Saint-Esprit mélange dans les données des maisons de ville étroites sur 3 niveaux (surface Carrez souvent sous-estimée car les escaliers mangent beaucoup) et des appartements en immeuble récent proche de la gare. Comparer les deux sans filtrer par type de bien donne un prix médian au m² qui ne correspond à rien de concret.
Mousserolles est le quartier résidentiel de référence pour les familles à Bayonne. Maisons des années 1950-1980, jardins, calme. Les DVF 2024 y montrent des prix au m² pour les maisons oscillant autour de 3 800 à 4 200 euros, mais avec une variance importante selon l'exposition et l'état du bâti. Le volume de transactions est modéré, une vingtaine de mutations par an selon les années, ce qui rend la médiane statistiquement sensible à une ou deux ventes atypiques.
Marracq, entre Mousserolles et le centre commercial Ametzondo, présente un profil légèrement différent : davantage de petits collectifs des années 1970, quelques résidences avec gardien. Les DVF y affichent des prix plus accessibles pour les appartements, autour de 3 200 à 3 600 euros le m² selon l'étage et l'état. C'est un secteur où les acheteurs cherchant à éviter les prix du centre trouvent encore un compromis raisonnable, à condition de ne pas se fier uniquement au prix médian sans regarder l'année de construction du bien.
Saint-Léon, au sud-est, est plus calme encore dans les données DVF : peu de transactions, mais des prix qui tendent vers les 3 500 à 4 000 euros le m² pour les maisons avec terrain. Honnêtement, je ne saurais pas te dire si ce marché va s'animer dans les deux ans qui viennent ou rester aussi discret. À vérifier au cas par cas, en croisant DVF et délais réels de vente.
Arroucau et les abords de la route de Dax concentrent des biens souvent achetés pour leur accessibilité routière et la proximité de la zone commerciale. Les prix DVF y sont les plus bas de Bayonne pour les appartements : autour de 2 800 à 3 200 euros le m² pour des T3-T4 en collectif des années 1980-1990. Le piège ici est inverse de celui du centre : les DVF montrent un volume de transactions honorable, mais le marché est moins tendu, la demande moins soutenue.
Sainte-Croix, côté nord vers l'A63, a un profil encore différent. La mixité des biens dans les DVF (entrepôts reconvertis, logements sociaux vendus en accession, maisons individuelles) rend la lecture très difficile sans filtrer précisément par nature du bien. J'ai passé un moment, en début 2026, à analyser des mutations dans ce secteur pour un dossier de conseil et j'ai dû écarter plusieurs transactions qui faisaient grimper ou chuter la médiane de façon absurde, des ventes de locaux mixtes codés en « habitation » faute d'une désignation plus fine dans l'acte. Ça arrive plus souvent qu'on ne le croit.
Les entrées de ville côté Anglet (boulevard BAB, avenue du Maréchal Soult) présentent une particularité DVF intéressante : certaines mutations traversent la frontière communale et apparaissent tantôt sous Bayonne, tantôt sous Anglet selon la géolocalisation retenue. Pour un acheteur qui compare les deux communes, c'est une source de confusion. Toujours vérifier l'adresse exacte dans l'acte, pas seulement la commune déclarée.
Mettons les choses à plat. Grand Bayonne : charme, liquidité forte, prix élevés, appartements anciens dominants, peu de maisons accessibles. Saint-Esprit : prix inférieurs d'environ 15 % sur les appartements selon les DVF 2024, gare TGV à 5 minutes à pied, mais moins de fluidité à la revente et un tissu commercial encore en mutation.
Pour un investisseur avec horizon de 8 à 12 ans, Saint-Esprit peut faire le pari de la valorisation progressive. Pour quelqu'un qui vise une revente dans 4 à 5 ans, Grand Bayonne reste plus sûr en termes de liquidité. Ce n'est pas un conseil absolu, c'est une lecture de ce que les données DVF montrent sur la fréquence et la régularité des transactions.
Et Mousserolles dans cette comparaison ? C'est une troisième voie : marché de maisons familiales, faible rotation, acheteurs qui restent longtemps. Pas le bon choix si tu cherches à arbitrer vite. Mais si tu achètes pour y vivre dix ans, les DVF montrent une stabilité des prix que les deux premiers secteurs n'ont pas toujours.
La carte des ventes DVF sur Bayonne affiche les mutations par point géolocalisé, coloré par tranche de prix au m². Ce qu'elle ne montre pas directement : l'année de la transaction, le type exact de bien, le nombre de lots dans la mutation. Trois filtres à activer systématiquement avant de conclure quoi que ce soit.
Un point rouge isolé à 6 000 euros le m² dans un quartier à 3 500 euros de médiane ? Ça peut être une terrasse avec vue exceptionnelle, ou un appartement vendu meublé avec le mobilier intégré au prix (ça arrive, c'est légal, c'est distordant pour la lecture DVF). Ou plus exactement : ça peut être une mutation avec plusieurs lots comptabilisés sur la surface du lot principal seulement.
Bref, la carte est un outil de repérage, pas un oracle. Croiser avec les données brutes sur data.gouv.fr reste indispensable pour valider une tendance.
Quelques repères utiles : un secteur avec moins de 8 à 10 mutations sur les 24 derniers mois est trop peu liquide pour tirer une médiane fiable. Un secteur avec un écart-type élevé (visible quand les points de la carte sont très dispersés en couleur sur quelques rues) signale des biens très hétérogènes, donc une médiane trompeuse. Ce sont les deux signaux d'alerte que j'ai appris à identifier d'abord.
Si tu veux aller plus loin sur la lecture des diagnostics et la valeur verte des biens à Bayonne, la page DPE Bayonne donne un éclairage complémentaire sur l'impact énergétique sur les prix de vente.
Les maisons représentent une part significative des ventes dans les quartiers périphériques de Bayonne, notamment Mousserolles et Saint-Léon, mais elles sont quasi absentes des DVF du Grand Bayonne intra-muros. Cette répartition géographique crée un biais dans les comparaisons globales : si tu regardes le prix médian « toutes typologies » sur Bayonne, tu mélanges des appartements anciens du centre à 4 000 euros le m² avec des maisons de périphérie à 3 600 euros le m², et tu obtiens une médiane qui ne correspond à rien de précis.
Les petites surfaces (studios et T2) dominent les DVF dans le secteur gare et Saint-Esprit. Leur prix au m² est mécaniquement supérieur à celui des grandes surfaces, ce qui gonfle la médiane des arrondissements concernés. À Lyon ou à Bordeaux, on observe exactement le même effet dans les quartiers étudiants proches des gares. Bayonne n'est pas une exception.
Un T3 de 65 m² dans le Grand Bayonne et un T3 de 65 m² à Arroucau n'ont pas le même profil acheteur, pas la même liquidité, et leurs prix DVF divergent de 600 à 800 euros au m² selon les données 2024. Confondre les deux parce qu'ils ont la même surface, c'est, à mon avis, l'erreur la plus fréquente que je vois dans les analyses de marché produites sans filtrage par secteur.
Sur les maisons, un point que je mentionne rarement mais qui compte à Bayonne : beaucoup de maisons de ville en coeur de Saint-Esprit ou de Grand Bayonne sont vendues avec des annexes (sous-sol, appentis, remise) dont la surface n'est pas comptabilisée en loi Carrez. La surface DVF est donc la surface habitable stricte, mais le bien réel est plus utile qu'il n'y paraît. L'acheteur qui compare au m² sans visiter se plante.
Le marché immobilier de la côte basque a connu une accélération importante entre 2020 et 2023, largement documentée par les notaires du Sud-Ouest dans leurs bilans annuels. Bayonne, un peu moins médiatisée que Biarritz ou Saint-Jean-de-Luz, a suivi ce mouvement avec un décalage de 12 à 18 mois selon les secteurs. Les DVF 2024 montrent une stabilisation des volumes de transactions, avec des prix qui résistent mieux dans le centre que dans les entrées de ville.
Je ne te donnerai pas de chiffre d'évolution en pourcentage sur 2025-2026 sans source nommée. Ce serait une fourchette inventée. Ce que je lis dans les DVF brutes disponibles sur data.gouv.fr et dans les indicateurs publiés par l'INSEE sur les prix des logements anciens : le marché basque reste actif mais le nombre de transactions a diminué par rapport aux pics de 2021-2022. Ce point-là, je le vois, mais l'interprétation pour les 18 prochains mois m'échappe encore.
Pour un acheteur qui souhaite se positionner, comparer Bayonne avec d'autres marchés tendus comme Bordeaux, Toulouse ou Montpellier sur les DVF est utile pour calibrer les attentes de négociation. À Paris, le volume de données DVF est tel que les anomalies s'auto-corrigent dans la médiane. À Bayonne, avec des volumes plus faibles, chaque transaction atypique pèse davantage.
Si tu veux un angle complémentaire sur les erreurs à éviter dans la lecture des marchés immobiliers locaux, l'article sur la baisse des prix immobiliers donne un cadre utile pour contextualiser les données DVF locales.
Le premier piège, et je l'ai mentionné en ouverture : les mutations multi-lots. À Bayonne, les immeubles anciens du Grand Bayonne sont souvent en indivision ou en copropriété avec des lots très découpés. Une vente peut concerner le lot principal plus deux lots annexes (cave, parking, grenier), déclarés dans le même acte. Les DVF agrègent tout ça sous une seule mutation avec une seule surface. Prix au m² calculé sur cette surface ? Arrimé à rien de réel.
Un autre point qui me surprend toujours : les ventes de maisons avec terrain à Bayonne. La surface DVF pour une maison avec jardin inclut parfois la surface plancher totale (y compris garage intégré non chauffé), parfois seulement la surface habitable. Sans lire l'acte, impossible de savoir. La carte DVF affiche un prix au m² qui peut varier du simple au double selon ce que le notaire rédacteur a déclaré. Pas de règle uniforme observée.
Troisième point, plus technique : les ventes en l'état futur d'achèvement (VEFA) apparaissent dans les DVF avec la date de signature de l'acte authentique, qui peut intervenir 18 à 24 mois après la signature du contrat de réservation. Le prix enregistré dans les DVF est donc le prix final d'un bien neuf livré... mais daté parfois de l'acte signé deux ans plus tôt. Pour les programmes neufs livrés à Bayonne entre 2023 et 2025, les DVF peuvent donner une impression de prix inférieurs au marché actuel du neuf.
Pour les acheteurs qui comparent Bayonne avec Nice ou Nantes sur les données DVF, ces biais existent dans toutes les villes, mais leur ampleur varie selon la proportion de biens anciens, le nombre de VEFA et la culture locale de déclaration des annexes. Je ne suis pas certaine que Bayonne soit plus problématique qu'une autre ville de taille similaire. Mais le marché basque a suffisamment de spécificités pour mériter qu'on y passe du temps.
Et si tu veux croiser ces données avec l'aspect locatif ou comprendre comment les biens vendus se positionnent dans le marché du logement local, l'article sur la déclaration des revenus locatifs donne un cadre fiscal utile pour les investisseurs qui achètent pour louer.
Les mutations sont téléchargeables directement sur data.gouv.fr en format CSV, département par département (Bayonne est dans les Pyrénées-Atlantiques, département 64). Le fichier couvre les 5 dernières années glissantes. Pour filtrer sur Bayonne uniquement, utilise le code commune INSEE 64102. La carte /dvf/bayonne/ fait ce filtrage automatiquement, ce qui évite de manipuler un CSV ieurs centaines de milliers de lignes.
Filtre par type de bien (appartement ou maison), par tranche de surface (évite de comparer des T2 avec des T4), et par période sur au moins 24 mois pour lisser les anomalies. Un seul trimestre sur un secteur peu liquide comme Saint-Léon peut donner une médiane basée sur 3 ou 4 transactions, ce qui ne vaut rien statistiquement. L'outil /dvf/bayonne/ permet de sélectionner ces filtres et de voir le nombre de points retenus, ce qui est le premier chiffre à regarder avant le prix médian. Si tu travailles sur une comparaison avec d'autres villes du Pays basque ou des agglomérations proches, les DVF de Bordeaux sont utiles comme point de repère pour calibrer ton analyse bayonnaise.
Pas toujours, et c'est là que ça coince le plus souvent. Les DVF enregistrent les prix signés, parfois 3 à 6 mois avant la publication dans la base. Sur un marché qui évolue vite, l'écart entre la dernière transaction enregistrée et le prix demandé aujourd'hui peut être significatif. Les notaires du Sud-Ouest publient des indices trimestriels qui permettent de corriger partiellement ce décalage. Croiser DVF historiques et indicateurs notariaux récents reste la méthode la plus solide. Pour les biens sous DPE F ou G, les prix de marché actuels sont souvent inférieurs aux DVF récentes des mêmes typologies, en raison des nouvelles contraintes liées à l'interdiction de location des passoires thermiques depuis 2025. Un point à ne pas rater si tu achètes pour investir à Bayonne.