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Croisez les ventes publiées et le prix au m² par quartier pour estimer un loyer de chambre ou préparer un investissement en colocation — données ouvertes.
Par année
Les données DVF ventes immobilières Nîmes révèlent des écarts de prix au m² importants selon les quartiers. Voici comment les lire sans se tromper.
Par Camille Weber
DVF ventes immobilières Nîmes : prix au m² par quartier
DVF ventes immobilières Nîmes : prix au m² par quartier en 2026
Une clause que je vois encore trop souvent dans les compromis de vente nîmois : « Le prix est fixé selon les valeurs de marché observées localement. » Rien vague. La version qui tient la route : « Le prix de vente est arrêté à X euros, soit X euros par mètre carré de surface habitable définie selon la loi Carrez, sur la base des transactions enregistrées dans la base DVF (Demandes de Valeurs Foncières) publiée par la Direction générale des finances publiques pour la période 2023-2025. » La différence, c'est une clause opposable contre une formule en l'air. Les DVF ventes immobilières Nîmes, c'est exactement ce type de données : des transactions réelles, enregistrées par les notaires, rendues publiques. Pas des estimations, pas des prix affichés. La base DVF couvre les mutations à titre onéreux depuis 2014 et se met à jour deux fois par an. Pour Nîmes, ça représente plusieurs milliers de ventes selon les années, avec des disparités de prix au m² qui vont du simple au double selon le quartier. Savoir lire ces données avant d'acheter ou de vendre, c'est éviter de se faire embobiner par une estimation agence calée sur rien.
La base DVF accessible sur data.gouv.fr enregistre chaque mutation : adresse, surface, type de bien, prix, date. Pas de loyers, pas d'estimations. Des actes notariés. Point.
Nîmes est une ville de taille intermédiaire, autour de 150 000 habitants, avec un marché immobilier qui a suivi la trajectoire languedocienne : hausse soutenue entre 2020 et 2023, puis légère décélération en 2024 et 2025 sous l'effet de la remontée des taux. Les données de la Chambre des notaires du Gard pour 2025 indiquent un marché qui se stabilise, sans effondrement mais sans reprise franche non plus. Le volume de transactions a baissé, et ça se voit dans la DVF : moins de mutations, des délais de vente allongés sur certains secteurs.
Deux pièges classiques quand on lit une carte DVF sur Nîmes. Le premier : confondre une mutation commerciale ou agricole avec une vente résidentielle. La base ne filtre pas automatiquement, et Nîmes a des zones péri-urbaines avec des terrains agricoles ou des locaux mixtes qui peuvent fausser la moyenne d'un secteur. Le second piège : les petites surfaces. Un studio vendu au m² dans l'Écusson tire la moyenne vers le haut sans que ça reflète ce que coûte un T3 dans le même périmètre. Sur la carte DVF de Nîmes, tu peux zoomer rue par rue pour affiner, ce qui change vraiment la lecture.
Bref, une moyenne de quartier DVF sans regarder la répartition par typologie, ça oriente, ça ne décide pas.
L'Écusson, c'est le centre historique de Nîmes, délimité en gros par les boulevards qui ceinturent la vieille ville. Côté DVF, les appartements anciens y dominent largement : très peu de maisons accessibles au sens strict, beaucoup de biens en étage dans des immeubles haussmanniens ou plus anciens, parfois en copropriété compliquée.
Les prix au m² y sont parmi les plus élevés de la ville, au-dessus de 2 800 euros du m² pour les biens en bon état, avec des pics dépassant 3 500 euros pour des appartements rénovés avec vue sur les Arènes ou la Maison Carrée. Mais, et c'est là que ça coince, le volume de transactions est faible. Quelques dizaines de ventes par an sur l'ensemble du périmètre. Une seule mutation atypique, un appartement vendu à prix cassé parce que la copropriété est en difficulté ou un bien vendu entre proches, peut décaler la moyenne DVF de 200 à 300 euros au m² sur le secteur.
Pour un acheteur, l'Écusson offre de la valeur patrimoniale et une vraie liquidité à la revente si le bien est bien situé. À mon avis, le risque principal ici n'est pas le prix, c'est l'état du bâti : des charges de copropriété élevées, des travaux structurels non déclarés, des toitures à refaire. La DVF ne dit rien de tout ça. Le DPE à Nîmes devient alors un complément indispensable pour ne pas acheter un bien classé G à 3 200 euros du m².
Le secteur Jean Jaurès, qui court grossièrement entre la gare et les boulevards est du centre, présente un profil très différent de l'Écusson. Plus de volume de transactions dans la DVF, donc une moyenne plus robuste statistiquement. Le mix de biens est plus varié : appartements T2 et T3 des années 1960-1980, quelques maisons de ville, petites surfaces étudiantes.
Les prix au m² y oscillent entre 1 900 et 2 500 euros selon l'état et l'étage. La dynamique est celle d'un marché actif, peut-être le secteur le plus liquide de Nîmes en dehors du centre strict. Pour un investisseur ou un primo-accédant qui compare Nîmes à Montpellier ou à Lyon, le différentiel de prix reste significatif : sur des bases comparables en termes de centralité, Nîmes tourne encore 30 à 40 % en dessous de Montpellier selon les données consolidées 2025 des notaires.
Un détail que je vois rarement mentionné : le quartier Jean Jaurès concentre aussi des petites transactions, des studios ou des T1, dont le prix au m² dépasse souvent 2 600 euros parce que la surface est faible et le marché locatif étudiant tire les valorisations. Si tu ne filtres pas par typologie dans la DVF, tu vas surestimer ce que vaut un T3 dans ce secteur. La nuance, c'est précisément là.
Mas de Ville est un quartier résidentiel qui s'est développé au nord et nord-ouest de la ville, avec une majorité de maisons individuelles, quelques résidences de pavillons récents. La DVF y révèle un marché très différent des deux précédents : les transactions portent surtout sur des maisons de 90 à 130 m², souvent avec terrain, et les prix au m² de surface habitable descendent autour de 1 700 à 2 100 euros selon l'état et la présence d'une piscine.
La liquidité y est correcte, mais plus lente qu'en centre-ville : les biens restent plus longtemps sur le marché avant de trouver preneur, ce que la DVF confirme indirectement par des délais entre date de compromis et date d'acte souvent allongés. Pour un acheteur qui compare Mas de Ville à l'Écusson, l'arbitrage est classique : plus de surface pour moins cher, mais dépendance à la voiture, des charges de copropriété qui disparaissent au profit de coûts d'entretien individuels, et une plus-value à la revente moins prévisible.
Attention au piège DVF spécifique à cette zone : les terrains à bâtir et les ventes de lots pavillonnaires sont enregistrés dans la même base. Si tu ne filtres pas sur « maison » ou « appartement » et que tu regardes juste les prix du secteur, les ventes de terrain non bâti viennent polluer la lecture.
Ces deux zones, au sud et sud-ouest de Nîmes, posent une vraie question de lecture DVF. Pissevin-Valdegour est un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV), ce qui a des effets directs sur le marché : très peu de transactions dans la DVF parce que la propriété occupante est rare, le parc étant majoritairement social. Les quelques ventes enregistrées concernent souvent des rachats entre bailleurs sociaux ou des petites maisons en bande, à des prix qui descendent sous 1 000 euros du m² pour les biens les plus dégradés.
Chemin Bas d'Avignon, juste à côté mais dans une autre dynamique, mélange pavillons des années 1970, quelques résidences récentes, et commerces de proximité. Les prix y restent accessibles, entre 1 500 et 1 900 euros du m² selon les biens, mais la liquidité est inégale. J'avoue que ce secteur m'échappe encore un peu : les signaux DVF y sont contradictoires entre années, avec des à-coups que je ne sais pas toujours expliquer sans regarder les transactions une par une.
La comparaison Pissevin / Chemin Bas / Mas de Ville est instructive pour un acheteur à budget serré : trois zones accessibles, mais avec des profils de risque et des liquidités très différents que la seule moyenne DVF au m² ne distingue pas.
Le secteur ouest, qui regroupe grossièrement les Captifs, Valdegour côté résidentiel diffus et quelques lotissements récents, est le plus difficile à lire dans la DVF. Les transactions y sont moins nombreuses, le parc est hétérogène, et les prix varient fortement selon qu'on est sur un pavillon des années 1980 ou une construction de 2015 avec normes RT 2012.
Les prix médians observés sur les ventes 2024-2025 se situent entre 1 800 et 2 300 euros du m² de surface habitable pour les maisons, avec une vraie prime pour les biens récents. Pour les appartements, rares dans ce secteur, les données sont trop fragmentées pour être exploitables seules : moins de vingt transactions par an sur certaines zones, ce qui rend toute moyenne suspecte.
Début 2026, sur un dossier lié à une succession impliquant un bien à Nîmes Ouest, j'ai vu une estimation notariale fondée sur cinq mutations DVF dont deux étaient des ventes entre membres d'une même famille à prix minoré. Résultat : l'estimation était sous-évaluée de 15 à 20 % par rapport au marché réel. La DVF sans vérification de la nature des mutations, c'est une boussole qui peut pointer vers le sud quand tu veux aller au nord.
La carte DVF Nîmes permet de zoomer sur une rue précise et de voir les dernières mutations. C'est utile, mais pas suffisant seul. Voici ce que je vérifie systématiquement avant d'interpréter ce que j'y vois.
Sur un même secteur, regarde la répartition des typologies : si 60 % des ventes sont des appartements T1-T2 et que tu évalues un T4, la moyenne du secteur ne te dit rien de pertinent. Ensuite, contrôle les dates : la base se met à jour deux fois par an selon le calendrier de la DGFiP, et les mutations récentes peuvent ne pas encore apparaître. Un marché qui s'est tendu en fin 2025 peut donc sembler encore détendu si tu regardes une extraction ancienne.
Et si tu achètes à Nîmes en comparant avec d'autres marchés régionaux, les données DVF nationales sur data.gouv.fr permettent des comparaisons sur Toulouse, Bordeaux ou Nice avec exactement la même méthodologie. Ce n'est pas un luxe : ça permet de calibrer si Nîmes est vraiment moins cher qu'une ville de taille comparable, ou si l'écart s'est réduit depuis 2022.
Un acheteur qui compare l'Écusson à Jean Jaurès a un arbitrage assez clair : l'Écusson pour le patrimoine et la valeur refuge, Jean Jaurès pour la liquidité et le rapport qualité-prix sur du T2-T3. Mas de Ville pour la surface et la vie en maison, mais avec un horizon de revente moins prévisible. Aucune de ces trois options n'est mauvaise en soi, tout dépend de l'horizon et du budget. À vérifier au cas par cas selon les biens disponibles, parce que je n'ai pas vu deux dossiers nîmois strictement identiques.
Un dernier point que je ne voudrais pas escamoter : le diagnostic de performance énergétique à Nîmes est devenu un filtre de marché à part entière depuis les obligations de la loi Climat et Résilience (loi n°2021-1104 du 22 août 2021). Les biens classés F et G sont en plus décotés dans la DVF elle-même, et cette décote est visible sur les transactions 2024-2025. Si tu achètes un bien sans vérifier son DPE avant de regarder le prix DVF du secteur, tu te compares à des biens qui ne sont peut-être pas dans la même catégorie énergétique.
Le marché nîmois reste accessible comparé à Paris ou Marseille, mais « accessible » ne signifie pas « sans complexité ». Les données DVF le confirment secteur par secteur.
La DVF est fiable parce qu'elle enregistre des actes notariés réels. Mais « fiable » ne veut pas dire « directement exploitable ». Sur des secteurs à faible volume, comme certaines rues de l'Écusson ou les zones pavillonnaires des Captifs, cinq transactions suffisent à décaler une moyenne de 200 ou 300 euros au m². La fiabilité monte avec le volume : au-dessus d'une trentaine de mutations sur une période de deux ans, la moyenne commence à être robuste. En dessous, traite-la comme une indication, pas comme une référence. Pour Nîmes, les secteurs les plus fiables en termes de volume restent Jean Jaurès et les quartiers résidentiels du nord-est.
Pas toujours facile. La base publiée sur data.gouv.fr ne signale pas les ventes entre proches, les adjudications judiciaires ou les cessions à prix symbolique. La méthode la moins mauvaise : écarter les transactions dont le prix au m² s'écarte de 40 % de la médiane locale. Ce n'est pas parfait, c'est mon avis, mais ça élimine les cas les plus aberrants. Les outils comme la carte DVF Nîmes font une partie de ce travail visuellement, mais pour une analyse fine, télécharger le fichier brut et filtrer par type de bien, surface et fourchette de prix reste la méthode la plus propre.
Sur les données 2024-2025, les maisons individuelles dans la couronne nîmoise ont résisté un peu mieux à la correction de marché que les appartements anciens du centre. Pas une règle absolue. Les appartements récents bien classés DPE ont également bien tenu. Ce qui a décroché : les appartements anciens énergivores dans des copropriétés lourdes, notamment dans certains immeubles des années 1970 autour de Jean Jaurès. La DVF enregistre ces décotes, mais il faut croiser avec les données DPE pour les voir clairement. L'article sur le guide DPE immobilier et les ressources de l'ANIL permettent de comprendre comment ces deux jeux de données s'articulent pour un acheteur qui veut éviter les mauvaises surprises à Nîmes.