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Croisez les ventes publiées et le prix au m² par quartier pour estimer un loyer de chambre ou préparer un investissement en colocation — données ouvertes.
Par année
Les données DVF ventes immobilières Pantin révèlent des écarts nets entre quartiers : le Centre dépasse le Quatre Chemins de plus de 1 000 €/m². Mode d'emploi.
Par Tom Henry
DVF ventes immobilières Pantin : prix par quartier en 2026
Un dossier de fin 2025 m'a marqué. Un acheteur, budget 320 000 €, cherchait un T3 à Pantin sans avoir regardé les données DVF ventes immobilières Pantin au préalable. Son courtier lui avait dit « 4 800 €/m² en moyenne ». Techniquement exact. Pratiquement inutile, parce que ce chiffre moyen mélange le Centre et le bas de Quatre Chemins, deux marchés qui ne se comportent pas du tout pareil. Le résultat : une offre refusée dans le Centre (trop basse), puis une contre-offre acceptée dans un secteur qu'il n'avait pas envisagé. Pas de catastrophe, mais six semaines perdues et un stress bancaire évitable. Les données DVF (Demandes de Valeurs Foncières) publiées par la DGFiP sont publiques et exploitables sur notre carte /dvf/pantin/ : elles recensent toutes les ventes notariées depuis 2018, immeuble par immeuble, rue par rue. Le problème n'est pas l'accès aux données. Le problème, c'est de savoir les lire sans se planter.
Pantin (93500) affiche sur les douze derniers mois un prix médian autour de 4 700 à 4 900 €/m² pour les appartements, selon les transactions consolidées dans les DVF 2025-2026. Mais ce médian est, franchement, presque trompeur si tu achètes dans un secteur précis. La ville est découpée en micro-marchés dont les écarts peuvent dépasser 1 200 €/m² à surface et époque de construction comparables.
La structure des ventes à Pantin reste très orientée appartements : les maisons individuelles représentent une fraction minuscule du volume total, et leur rareté statistique rend leur prix au m² DVF peu fiable, car quelques ventes atypiques (état très dégradé, adjudication) font exploser ou effondrer la médiane. À vérifier au cas par cas, dossier par dossier, c'est mon avis.
Les DVF distinguent les types de biens (« appartement », « maison », « dépendance », « local industriel ») mais ne filtrent pas automatiquement les ventes en bloc, les acquisitions par des SCI à prix de groupe, ou les cessions entre membres d'une même famille à prix réduit. Ces mutations atypiques restent dans la base et, sur un secteur à faible volume comme certains bords de canal, elles peuvent biaiser la médiane de 300 à 400 €/m² sans que rien dans l'interface ne l'indique.
Bref, la carte DVF est un outil puissant. Pas un oracle.
Le Centre, autour de la mairie et de la place de la Résistance, concentre les transactions les plus chères de la ville. Les DVF 2024-2025 y enregistrent des appartements récents ou rénovés vendus entre 5 200 et 5 600 €/m², avec des pointes sur les petites surfaces (studios, T2) dont la liquidité est nettement plus haute que sur les grands T4.
Pourquoi cette tension ? La proximité du métro ligne 5 (Église de Pantin, Hoche) et la rénovation urbaine engagée depuis 2019 ont attiré des investisseurs et des primo-accédants franciliens qui n'arrivent pas à se loger à Paris mais ne veulent pas s'éloigner davantage. Le Centre de Pantin a absorbé une partie de cette demande refoulée.
Le piège DVF dans ce secteur : les immeubles récents (post-2010, notamment les programmes de la ZAC du Centorial) font monter la médiane de manière mécanique. Si tu compares un T3 dans un immeuble de 2019 avec un T3 dans un immeuble de 1975 à 300 mètres, l'écart de prix est réel, mais il tient à l'état du bâti autant qu'à la localisation. La carte DVF ne fera pas ce tri à ta place.
Quatre Chemins, au nord de la ville, est le secteur qui génère le plus de questions dans les dossiers que j'analyse. Prix médian DVF : autour de 4 200 à 4 500 €/m² sur les appartements, soit 700 à 900 €/m² en dessous du Centre. Cet écart n'est pas anodin pour un budget de 300 000 €, il représente 15 à 18 m² supplémentaires.
La dynamique y est différente. Le quartier reste marqué par un bâti ancien de densité variable, avec des immeubles des années 1960-1980 qui dominent le volume des ventes. La rotation est plus lente qu'au Centre : le temps de vente médian observé sur les données 2024-2025 dépasse souvent 90 jours, contre 45 à 60 jours côté Centre. Ce n'est pas un signal de marché défaillant, plutôt un signe que les acheteurs y font preuve de sélectivité.
Quatre Chemins partage une frontière avec Aubervilliers, et une partie des transactions DVF du secteur nord-est de Pantin sont proches de zones industrielles en reconversion. Attention lors de la lecture de la carte : quelques ventes de locaux mixtes (rez-de-chaussée commercial + logement) peuvent parasiter la médiane résidentielle si tu zoomes trop large.
Pour un investisseur, ce secteur a une logique propre. Rendement locatif potentiellement plus élevé qu'au Centre, mais liquidité à la revente moins assurée. Je ne sais pas comment ce ratio va évoluer avec le projet de requalification du boulevard Félix-Faure prévu à l'horizon 2027-2028, et je ne me risquerai pas à le prédire.
Petit Pantin, à l'est, est probablement le secteur le plus difficile à analyser depuis les seules données DVF. Le volume de transactions y est nettement plus faible qu'au Centre ou à Quatre Chemins, ce qui rend chaque mutation plus influente sur la médiane. Une vente de maison en mauvais état à 3 600 €/m² ou, à l'inverse, un appartement neuf livré à 5 100 €/m² peuvent faire bouger la courbe de 10 à 15 % sur douze mois glissants.
Le tissu bâti mélange pavillonnaire ancien, quelques petits collectifs et des poches de foncier industriel progressivement reconvertis. C'est là que les mutations « hors marché » (ventes entre voisins, acquisitions par des marchands de biens à prix de gros) sont les plus fréquentes proportionnellement.
La vraie utilité de la carte prix au m² à Pantin sur ce secteur : repérer les rues où des ventes récentes ont eu lieu, comparer avec les rues adjacentes, et ne jamais tirer de conclusion sur deux ou trois points de données. Plutôt : croiser avec les annonces actives, contacter un notaire local pour valider l'ordre de grandeur.
Les berges du canal de l'Ourcq méritent une section à part. Depuis la piétonisation partielle et l'arrivée de programmes neufs côté Pantin Quatre Saisons, les prix au m² dans ce périmètre ont décroché vers le haut. Les DVF 2022-2025 montrent des appartements neufs vendus entre 5 400 et 5 800 €/m², portés par une demande très ciblée : jeunes actifs parisiens, investisseurs en LMNP, et acquéreurs attirés par le cadre.
Mais, et c'est là que ça coince, ces programmes neufs sont statistiquement sur-représentés dans les DVF de cette micro-zone parce que les ventes en bloc (promoteurs cédant plusieurs lots simultanément) gonflent le volume apparent. Si tu zoomes sur le canal depuis la carte DVF et que tu vois 40 mutations en douze mois, ne conclus pas que le secteur est ultra-liquide pour l'ancien : une grande partie de ces ventes concernent des lots identiques dans le même programme.
Comparer le canal avec le bas de Quatre Chemins donne un arbitrage concret : 900 à 1 100 €/m² d'écart pour des typologies similaires, avec d'un côté un atout « cadre et neuf » et de l'autre un potentiel de négociation sur l'ancien que tu n'auras pas face à un promoteur.
Le secteur des Courtillières, grand ensemble classé et en rénovation urbaine partielle depuis 2012, génère peu de transactions dans les DVF résidentielles classiques. Les mutations qui apparaissent sont souvent liées à des cessions de logements sociaux devenus libres (ventes HLM à leurs occupants, dispositif issu de la loi ELAN du 23 novembre 2018) ou à des opérations de démembrement. Prix au m² affiché : bas, parfois sous 3 500 €/m², mais ces chiffres ne sont pas comparables au marché libre.
Si tu utilises la carte DVF et que tu vois ces prix dans l'est de Pantin sans connaître le contexte, tu risques de mal calibrer une offre sur un appartement libre voisin. C'est le contre-exemple typique : une donnée DVF réelle, localement vérifiable, mais qui n'est pas un signal de marché libre.
Pour les secteurs Courtillières / Scandicci, je recommande de croiser les DVF avec les données de l'INSEE sur la composition du parc de logements à Pantin avant de tirer le moindre chiffre.
Le vrai chiffre qui compte sur une carte DVF n'est pas le prix médian brut, c'est le volume. Moins de 10 ventes sur 12 mois dans une rue ou un îlot, et la médiane n'a aucune valeur statistique. On déroule quand même l'analyse, mais avec cette réserve plantée dès le début.
Trois erreurs récurrentes que je vois dans les dossiers : confondre la date de mutation (dans les DVF) avec la date de signature du compromis, qui peut précéder de trois à cinq mois ; prendre le prix/m² « toutes surfaces » sans séparer les moins de 40 m² (prime de petite surface souvent 8 à 12 % au-dessus de la médiane) ; oublier les lots de parking comptabilisés dans la mutation totale, ce qui gonfle artificiellement la surface totale déclarée et fait chuter le prix apparent au m².
Les données DVF sont produites par la DGFiP et diffusées via data.gouv.fr avec un décalage de six à neuf mois sur les ventes les plus récentes. Ce que tu lis aujourd'hui en juin 2026 reflète au mieux les mutations de fin 2025. Sur un marché en mouvement, c'est un angle mort à connaître.
Et pour les acheteurs qui regardent aussi le DPE des biens à Pantin : la note énergétique n'apparaît pas dans les DVF, mais elle influe désormais sur le prix de vente depuis les interdictions de location des passoires thermiques progressivement étendues. Un F ou G dans les DVF peut masquer une décote que le vendeur ne signale pas spontanément.
Pantin se positionne entre Bobigny (marché plus accessible, autour de 3 800 à 4 100 €/m²) et les arrondissements parisiens du 19e (6 500 à 7 200 €/m² en 2025-2026 selon les statistiques des notaires de Paris). Cette position charnière explique pourquoi la ville attire des profils qui ne peuvent plus se loger à Lyon ou à Bordeaux sans s'éloigner davantage de leur centre économique.
Les acheteurs venant de Lille ou de Nantes qui regardent Pantin pour un investissement locatif posent souvent la même question : est-ce que le rendement brut compense la prime de prix par rapport à leur ville d'origine ? La réponse honnête : pas toujours, surtout dans le Centre de Pantin où les prix se sont arrimés à une logique de capital plutôt que de rendement.
Un acheteur qui compare Toulouse et Pantin sur les DVF va vite constater que le volume de données francilien est beaucoup plus dense, ce qui rend l'analyse plus fiable, mais aussi plus complexe à déchiffrer sans connaître les micro-marchés locaux.
Avant toute offre sur Pantin, croiser les DVF avec les transactions récentes sur Strasbourg ou Montpellier peut donner un étalon utile pour évaluer si le rapport prix/surface est cohérent avec d'autres marchés tendus de province ou de banlieue dense.
Si tu veux approfondir la lecture des données de ventes au-delà de Pantin, notre guide sur la baisse des prix immobiliers et les tendances 2025 donne un cadre de lecture national utile pour contextualiser les signaux locaux. La page DVF Pantin permet de zoomer rue par rue et de filtrer par type de bien.
Pour les investisseurs qui regardent aussi le volet locatif, le guide sur l'assurance loyers impayés GLI pour les bailleurs et notre article sur la déclaration des revenus locatifs en micro-foncier sont des compléments directs une fois la transaction DVF réalisée.
Sur la question du financement et du dossier banque, le guide sur la défiscalisation immobilière détaille les dispositifs encore actifs en 2026, notamment ceux qui impactent les décisions d'achat sur des marchés comme Pantin.
Sur une rue ou un îlot avec moins de huit ventes sur douze mois glissants, la médiane DVF n'est statistiquement pas robuste. Une seule vente atypique (bien en très mauvais état, cession familiale, adjudication) suffit à décaler le chiffre de 10 à 15 %. Dans ce cas, élargis la fenêtre temporelle à 24 ou 36 mois, ou descends à l'échelle du secteur plutôt que de la rue. La base DVF disponible sur data.gouv.fr permet cet élargissement en téléchargeant les fichiers bruts.
Plusieurs raisons possibles, souvent combinées : différence d'étage et d'exposition, présence ou non d'un parking dans la mutation, état du bien non visible dans les DVF, ou décalage temporel entre deux ventes (marché en hausse sur 18 mois). Les statistiques des notaires d'Île-de-France donnent des correctifs par type de bien et par période qui permettent de normaliser ces écarts. Ça demande un peu de calcul mental, mais ça évite de faire une offre à côté de la plaque.
Pas exactement. Les DVF publiées en ce moment intègrent les ventes notariées jusqu'à environ septembre-octobre 2025, avec un décalage de publication de six à neuf mois selon le calendrier de mise à jour DGFiP. Pour les tendances les plus fraîches, les indices Notaires-INSEE du premier trimestre 2026 (publiés en mai 2026) sont plus réactifs, même s'ils manquent de granularité locale. Faut suivre les deux sources en parallèle, pas l'une à l'exclusion de l'autre.