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Croisez les ventes publiées et le prix au m² par quartier pour estimer un loyer de chambre ou préparer un investissement en colocation — données ouvertes.
Par année
Les données DVF ventes immobilières Saint-Malo révèlent des écarts de prix au m² parfois surprenants entre l'intra-muros, Paramé et les axes périphériques. Mode d'emploi.
Par Camille Weber
DVF ventes immobilières Saint-Malo : lire les prix par quartier
Voici une clause que j'ai vue dans un compromis de vente il y a quelques mois, sur un appartement en Bretagne :
« Le prix au m² a été établi par référence aux données DVF disponibles sur le territoire communal de Saint-Malo. »
Sauf que non. La donnée brute de la base DVF (Demandes de Valeurs Foncières) publiée sur data.gouv.fr ne distingue pas un appartement intra-muros d'une maison à Saint-Jouan-des-Guérets rattachée à l'ancienne commune fusionnée. La version corrigée que j'aurais rédigée : « Le prix au m² a été établi par référence aux données DVF filtrées sur le code INSEE 35288, pour les mutations de type vente, surface habitable comprise entre 35 et 120 m², hors locaux commerciaux. » C'est plus long, et c'est précis. Ce niveau de lecture, c'est ce que cet article te propose d'acquérir sur les DVF ventes immobilières Saint-Malo, que tu sois acheteur, vendeur ou investisseur cherchant à comprendre ce marché côtier atypique.
La base DVF, alimentée par la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) et mise à jour chaque année, recense les mutations à titre onéreux : ventes de logements, terrains, locaux mixtes. Pour Saint-Malo, elle couvre la commune élargie issue des fusions successives, ce qui crée un piège de lecture immédiat. Quand tu télécharges les données brutes ou que tu consultes la carte disponible sur /dvf/saint-malo/, tu vois des mutations qui vont de 1 500 à plus de 6 000 euros le m². Cet écart n'est pas une anomalie : il reflète la géographie réelle de la ville.
Les transactions portant sur des caves, des parkings seuls, ou des lots en copropriété avec une surface déclarée très faible font exploser le prix au m² apparent. J'ai un doute sur la façon dont certains agrégateurs traitent ces lignes, d'ailleurs : à vérifier au cas par cas avant de prendre un chiffre de synthèse pour argent comptant.
Autre point à caler avant toute comparaison : Saint-Malo fusionne historiquement Saint-Servan, Paramé, Saint-Malo intra-muros et Rothéneuf, entre autres. Les données DVF ne segmentent pas ces quartiers. C'est toi qui dois filtrer par coordonnées géographiques ou par code de section cadastrale. La carte DVF Saint-Malo permet de zoomer quartier par quartier et de distinguer visuellement les clusters de prix, ce que le fichier plat ne fait pas.
La vieille ville close de Saint-Malo concentre les prix au m² les plus élevés de la commune, régulièrement au-dessus de 5 000 euros le m² pour des appartements bien situés selon les données notariales 2025 compilées par la Chambre des notaires d'Ille-et-Vilaine. Mais la liquidité est faible. Très peu de transactions par trimestre, parfois moins d'une dizaine sur l'ensemble de l'intra-muros, ce qui biaise mécaniquement la médiane DVF. Une seule vente atypique, une maison de corsaire avec vue mer, suffit à faire monter la moyenne ieurs centaines d'euros le m².
La quasi-totalité des biens vendus intra-muros sont des appartements anciens, souvent en étage, sans ascenseur, avec des surfaces comprises entre 40 et 80 m². Les maisons individuelles y sont rarissimes et, quand elles passent, les prix sont hors norme. Pour un acheteur cherchant à habiter ou à investir sur ce secteur, la lecture DVF doit s'appuyer sur un minimum de 24 mois de transactions pour avoir un échantillon statistiquement exploitable. Moins, et tu joues à la roulette.
Le Sillon, cette longue digue-promenade entre l'intra-muros et Paramé, héberge des résidences balnéaires des années 1960-1980. Prix au m² entre 3 800 et 4 800 euros selon l'étage et la vue, avec une rotation plus élevée que dans la ville close : les copropriétés y génèrent davantage de mutations DVF, donc un signal plus fiable.
Paramé, c'est là où les Malouins achètent leur résidence principale. Le quartier concentre un volume de transactions DVF nettement supérieur à l'intra-muros, avec des appartements des années 1970-1990 et des maisons individuelles sur terrain, parfois avec jardin. Prix médian au m² : autour de 3 200 à 3 600 euros pour les appartements, avec des maisons qui grimpent selon la surface de terrain et la proximité de la plage de Paramé.
Rocabey, juste au sud, présente un profil plus hétérogène. On y trouve du petit collectif récent, construit après 2010, côtoyant des malouinières bourgeoises des années 1920. Les données DVF y signalent parfois des mutations mixtes (local commercial au rez-de-chaussée avec appartement dessus) qui faussent le prix au m² si tu ne filtres pas correctement. Bon, c'est un détail, mais lourd si tu calibres une offre d'achat sur cette base.
Pour un acheteur qui hésite entre Paramé et l'intra-muros : à budget équivalent, Paramé offre une surface 20 à 30 % supérieure, au prix de l'authenticité architecturale et de la vue mer directe. C'est un arbitrage classique sur ce marché, et les DVF le confirment transaction après transaction.
Saint-Servan mérite qu'on s'y arrête. Historiquement la ville des armateurs, aujourd'hui un quartier résidentiel calme avec son propre centre-ville autour de la rue de la République, sa tour Solidor et ses maisons de granite. Les DVF y montrent des prix au m² en appartement autour de 2 900 à 3 400 euros, soit un écart perceptible avec Paramé et surtout avec l'intra-muros.
La dynamique est intéressante : le volume de transactions y a progressé sur 2024-2025, signe d'un regain d'intérêt, peut-être lié aux prix plus accessibles et à une offre de maisons individuelles plus abondante que dans les autres secteurs. Les maisons avec terrain y passent régulièrement dans la base DVF, avec des prix au m² de terrain qui varient énormément selon que le lot est constructible ou en zone naturelle protégée. À vérifier au cas par cas avec le PLU en vigueur.
Et franchement, Saint-Servan est souvent oublié dans les comparatifs immobiliers de Saint-Malo. C'est, à mon avis, le secteur où la lecture DVF est la plus utile : assez de transactions pour avoir une médiane fiable, assez de diversité de biens pour comparer des typologies proches.
Rothéneuf, secteur nord-est de la commune, donne directement sur la côte sauvage. Résidences secondaires, maisons de vacances, quelques hameaux. C'est là que la base DVF devient la plus difficile à lire pour un non-initié. Pourquoi ? Parce que les ventes y sont concentrées au printemps et à l'été, avec des prix qui reflètent une forte prime mer. Une maison face à la pointe du Grouin peut dépasser 6 000 euros le m², quand une maison de même surface à 400 mètres à l'intérieur des terres tombe à 2 800 euros.
La saisonnalité des mutations biaise aussi les comparaisons annuelles. Un trimestre avec deux ventes de villas pieds dans l'eau fait bondir la moyenne DVF du secteur. Le trimestre suivant, rien. Pour lisser, il faut une fenêtre d'au moins 3 ans de données DVF sur Rothéneuf, pas moins.
Début 2026, j'ai travaillé sur un dossier de succession concernant une maison à Rothéneuf, sans lien avec la colocation mais avec un enjeu de valorisation précise. Le notaire avait sorti une moyenne DVF sur 12 mois qui incluait deux ventes de propriétés avec accès privé à la mer. Résultat : la valorisation retenue dépassait de 18 % les transactions comparables non balnéaires. C'est ce genre d'erreur que la lecture brute des données génère.
Les secteurs proches de l'avenue Louis Martin, de la zone commerciale de la Madeleine et des entrées de ville côté N137 concentrent le parc de logements le plus récent de Saint-Malo : résidences des années 2000, programmes neufs livrés entre 2015 et 2023, quelques lotissements. Les prix DVF y sont les plus bas de la commune pour des surfaces équivalentes, autour de 2 500 à 3 000 euros le m² pour des T3 ou T4 en collectif.
Ces secteurs ont un avantage que les DVF ne valorisent pas directement : la proximité des transports. La gare de Saint-Malo, desservie par la ligne Rennes-Saint-Malo avec des fréquences quotidiennes, est à moins de 15 minutes à pied ou à vélo depuis une bonne partie de ces quartiers. Pour un acheteur qui travaille à Rennes ou qui veut rejoindre Paris par TGV, c'est un critère que le prix au m² DVF ne capture pas.
Mais attention : certains programmes récents livrés près des axes ont été commercialisés en Pinel (dispositif prolongé jusqu'au 31 décembre 2024, puis transformé en Pinel+). Les ventes DVF de ces lots incluent parfois des prix de cession entre investisseurs au terme de la période de défiscalisation, avec des décotes par rapport au prix du marché libre. Ces mutations tirent la médiane vers le bas et faussent l'image du secteur si tu ne vérifies pas la nature de la transaction.
On dit souvent que l'intra-muros est « hors de prix » et que Saint-Servan est « la bonne affaire ». En pratique, c'est plus nuancé. Un appartement intra-muros de 55 m² à 5 200 euros le m² représente 286 000 euros. Le même budget à Saint-Servan donne 85 à 95 m², soit un T4, avec une cour ou un jardin. Pour une résidence principale avec enfants, le calcul bascule rapidement.
Pour un investisseur locatif, la liquidité à la revente change l'équation. L'intra-muros a une demande de résidences secondaires solide depuis Paris, Lyon ou Bordeaux, ce qui soutient les prix même en cas de retournement du marché national. Saint-Servan est davantage un marché d'utilisateurs finaux : si le marché se resserre, la liquidité y est plus sensible. Ce n'est pas un défaut, c'est une réalité à intégrer dans ta stratégie.
Pour comparer rigoureusement, la carte sur /dvf/saint-malo/ permet de superposer les mutations récentes par type de bien (appartement, maison) et par tranche de prix au m². C'est plus parlant qu'un tableau de moyennes.
À Saint-Malo, les appartements représentent la majorité des mutations DVF en volume sur l'ensemble de la commune, mais les maisons individuelles pèsent plus lourd en valeur médiane. Un rapport de la DGALN (Direction Générale de l'Aménagement, du Logement et de la Nature) publié en 2025 sur les marchés côtiers bretons pointait une surreprésentation des résidences secondaires dans les mutations de maisons, ce qui tire les prix vers le haut dans les zones attractives.
Pour un acheteur qui cherche à comparer avec d'autres marchés, les prix malouins se situent au-dessus de Nantes pour les secteurs côtiers, légèrement en dessous des zones les plus tendues de Nice ou de Marseille pour l'entrée de gamme, et nettement en dessous de Paris à tous les étages. Cette comparaison reste approximative, je ne la présente pas comme une analyse statistique rigoureuse.
Les petites surfaces (studios, T2 inférieurs à 35 m²) sont peu représentées dans les DVF malouines, contrairement à ce qu'on observe dans des villes universitaires comme Montpellier ou Toulouse. Saint-Malo n'est pas un marché de petites surfaces étudiantes : les T3 et T4 dominent le volume des transactions.
Le premier piège, et il revient souvent : les mutations de terrain à bâtir intégré dans une vente globale. Quand une maison avec terrain de 600 m² est vendue, la DVF enregistre la surface totale du lot dans certains cas, ce qui minore mécaniquement le prix au m² apparent. Tu te retrouves avec des transactions à 900 ou 1 100 euros le m² qui ne sont pas comparables à un appartement en centre-ville.
Autre subtilité : les ventes en viager. Rares mais présentes dans les DVF malouines, notamment sur des biens anciens détenus par des propriétaires âgés dans les quartiers historiques. Le bouquet enregistré ne reflète pas la valeur réelle du bien, et certains agrégateurs ne filtrent pas ces lignes. Si tu vois une transaction à 40 000 euros pour un appartement de 70 m² intra-muros, c'est probablement un viager, pas une bonne affaire.
La base DVF est accessible directement sur data.gouv.fr ou via Etalab, et les données sont publiées avec un décalage de 6 à 8 mois par rapport aux mutations effectives. Les transactions de fin 2025 arrivent dans la base en milieu d'année 2026, ce qui signifie que les tendances très récentes ne sont pas encore capturées. Pour les prix au m² actualisés, croiser avec les données des notaires reste utile, comme le suggère le baromètre LPI-SeLoger commenté par les notaires.
Le guide sur les arnaques au logement que nous publions sur le blog détaille comment identifier ces fausses annonces qui citent des données DVF sorties de contexte pour justifier des prix surévalués, un sujet adjacent mais utile si tu achètes sans accompagnement professionnel.
Les données DVF disponibles à ce jour (transactions enregistrées jusqu'à mi-2025, publiées au printemps 2026) montrent une légère détente des volumes de transactions à Saint-Malo, cohérente avec la tendance nationale décrite dans notre analyse baisse prix immobilier. Pas un effondrement : plutôt un allongement des délais de vente, une correction marginale sur les secteurs les plus exposés aux résidences secondaires.
Les acquéreurs avec un financement solide ont retrouvé un rapport de force légèrement différent de 2021-2022, quand les délais de décision se comptaient en jours. Aujourd'hui, quelques semaines de négociation redeviennent possibles, en particulier sur les biens avec des travaux ou un DPE dégradé. Ce dernier point mérite une parenthèse : depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont interdits à la location en France, et cette mesure commence à peser sur les arbitrages entre vendre ou conserver, y compris à Saint-Malo pour les résidences secondaires énergivores.
Je m'égare, mais le point reste : la lecture des DVF 2024-2025 sur Saint-Malo doit s'accompagner d'une lecture du contexte réglementaire énergétique pour être vraiment utile.
Pas si simple, donc, de résumer ce marché en une médiane.
La base DVF enregistre le prix acté chez le notaire, pas le prix affiché en annonce. L'écart entre les deux reflète la négociation réelle et varie selon les secteurs : quasi nul sur l'intra-muros où la rareté soutient les prix, plus significatif sur les entrées de ville ou les biens avec des travaux. Pour les DVF ventes immobilières Saint-Malo, cette différence est rarement documentée de façon agrégée, mais les professionnels locaux estiment un écart moyen de 3 à 5 % sur les marchés résidentiels classiques, selon les données publiées par les chambres notariales. Ce chiffre ne vaut pas pour les biens atypiques.
Les DVF sont un outil de compréhension du marché, pas un support contractuel. Un compromis de vente qui mentionne les DVF sans préciser les filtres appliqués est juridiquement vague, comme je l'ai montré en ouverture. Si le prix est contesté après signature, la référence DVF non filtrée ne tient pas. Pour des acquisitions importantes, le recours à un avocat en droit immobilier reste utile pour vérifier que les clauses de prix sont formulées de manière opposable, indépendamment de ce que montrent les données DVF.