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Croisez les ventes publiées et le prix au m² par quartier pour estimer un loyer de chambre ou préparer un investissement en colocation — données ouvertes.
Par année
Les données DVF ventes immobilières Saint-Paul révèlent des écarts de prix au m² nets entre le Centre-ville, le Plateau Caillou et Savannah. Ce guide démêle les chiffres, les pièges de lecture et la dynamique locale quartier par quartier.
Par Nina Roussel
DVF ventes immobilières Saint-Paul : prix par quartier en 2026
Le soleil tape fort sur le carrelage clair d'un T3 du Centre-ville de Saint-Paul, La Réunion, et c'est exactement le genre de bien que les données DVF ventes immobilières Saint-Paul renseignent avec une précision qu'on ne soupçonne pas de prime abord. Les Demandes de Valeurs Foncières, publiées par la Direction générale des finances publiques sur data.gouv.fr, compilent toutes les mutations à titre onéreux enregistrées chez le notaire : appartements anciens, maisons de plain-pied, terrains nu vendus à un promoteur. À Saint-Paul, commune de 103 000 habitants selon l'INSEE (recensement 2022), le marché vendeur est hétérogène à un degré qui mérite qu'on s'y attarde : un appartement au Plateau Caillou et un appartement en bord de front de mer ne partagent ni le même prix, ni le même profil d'acheteur, ni la même vitesse de rotation. Bref, lire les DVF sans carte, c'est naviguer à l'aveugle. Ce guide, rédigé le 8 juin 2026, va quartier par quartier pour que tu aies une lecture calée sur la réalité du terrain.
Les fichiers DVF sont publics, bruts, et, j'avoue, assez ingrats à dépouiller seul. Chaque ligne correspond à une mutation : date, adresse, surface, type de bien, valeur foncière. Ce que les fichiers ne disent pas : l'état du bien, la présence d'une piscine, les dépendances vendues en lot. Un studio vendu avec un garage attenant gonfle le prix au m² affiché, sans que rien ne l'indique clairement dans la colonne de surface habitable. C'est le piège le plus fréquent.
Pour Saint-Paul spécifiquement, la base comporte des mutations atypiques liées aux successions familiales et aux ventes entre SCI, qui pèsent parfois bien en dessous du marché. Filtrer ces outliers avant de calculer une médiane, c'est ce qui fait la différence entre un prix au m² crédible et un chiffre à côté de la plaque. La carte DVF de Saint-Paul permet de zoomer par rue et de repérer visuellement ces anomalies sans manipuler les CSV bruts.
Bon, une chose utile à savoir : les DVF couvrent les ventes enregistrées, pas les promesses de vente. Un compromis signé en décembre 2025 peut n'apparaître dans la base que courant 2026, selon la date de l'acte authentique. Ça décale les signaux de marché de deux à quatre mois, parfois plus. À garder en tête quand tu compares deux périodes.
Le Centre-ville de Saint-Paul concentre les volumes de transactions les plus faciles à lire : appartements anciens de deux à quatre pièces, rarement des maisons, marché relativement liquide avec plusieurs dizaines de ventes par an. Les prix au m² y sont parmi les plus élevés de la commune pour le résidentiel collectif, portés par la proximité des commerces et la rue piétonne. On tourne globalement au-dessus de la médiane communale pour les appartements de type T2-T3.
Piège DVF local : le Centre-ville mélange des locaux commerciaux requalifiés en habitation, des lots de copropriété avec tantièmes de parking valorisés séparément, et des biens en RDC dont la valeur chute sans que le fichier ne mentionne l'orientation. Deux lignes au même prix au m² peuvent cacher des réalités très différentes. Passer la loupe sur la page DVF Saint-Paul quartier par quartier aide à isoler les vraies transactions résidentielles.
La comparaison avec un marché continental comme Lyon ou Bordeaux montre un ratio prix/revenu médian local plus tendu à Saint-Paul Centre-ville qu'on ne l'imagine souvent depuis la métropole : La Réunion n'est pas un marché « pas cher » sur ce segment précis.
Plateau Caillou. Un secteur résidentiel perché, pavillonnaire à dominante, avec un mix de maisons individuelles récentes et de terrains qui nourrissent encore quelques projets de construction. Les DVF y réservent des surprises.
Le prix au m² des maisons y est structurellement plus élevé qu'au Centre-ville pour la surface bâtie pure, mais la comparaison brute est trompeuse : les terrains vendus avec les maisons gonflent la surface de référence, ce qui peut faire chuter artificiellement le prix au m² habitable affiché. Un acheteur qui se fie au ratio surface terrain / valeur foncière risque de mal calibrer son offre.
Dynamique perçue : Plateau Caillou attire des primo-accédants réunionnais qui fuient les prix du Centre et des acquéreurs métropolitains cherchant une maison avec jardin. La liquidité est plus faible qu'en centre-ville, les volumes de transactions annuels moins importants, donc chaque mutation atypique pèse davantage dans la médiane calculée. À vérifier au cas par cas avant de prendre la médiane DVF comme vérité absolue sur ce secteur.
Et la construction neuve ? Quelques programmes résidentiels récents ont enrichi le stock, ce qui crée un double marché : l'ancien pavillonnaire des années 1990-2010 et le neuf à prix promoteur. Les deux se côtoient dans les DVF sans étiquette explicite. Si tu travailles sur Plateau Caillou, croiser les DVF avec le DPE Saint-Paul aide à séparer les biens récents (DPE souvent B ou C) des maisons plus énergivores.
Savannah, au nord du territoire communal. Urbanisation plus récente, tissu pavillonnaire dense sur des petites parcelles, quelques résidences en copropriété. Les DVF montrent une progression du nombre de mutations ces dernières années, signe d'un marché qui prend de l'épaisseur.
Prix relatif : inférieur à Plateau Caillou pour les maisons, et nettement sous le Centre-ville pour les appartements, ce qui en fait un secteur accessible pour des budgets moyens. Mais « accessible » ne veut pas dire liquide : si tu achètes à Savannah dans l'optique de revendre vite, le délai peut être plus long qu'ailleurs, simplement parce que le bassin d'acquéreurs est plus étroit.
Piège DVF propre à ce secteur : quelques mutations portent sur des lots de résidences récentes avec prestations (parking souterrain, gardiennage) qui tirent le prix au m² vers le haut sans que le différentiel qualitatif soit visible dans le fichier brut. J'ai eu ce cas sous les yeux début 2026, en analysant des données comparatives pour un article sur le marché réunionnais : deux biens à 30 mètres l'un de l'autre, 600 euros d'écart au m², uniquement expliqués par l'étage et les charges de copropriété. Rien dans les DVF ne le dit.
La Saline-les-Bains / L'Hermitage. Techniquement rattachés à la commune de Saint-Paul, ces deux villages balnéaires ont un marché à part. Les ventes DVF y sont majoritairement des maisons de standing et des appartements en résidence de bord de mer, à des niveaux de prix au m² parmi les plus élevés de tout le département. Le volume de transactions reste modéré, ce qui rend la médiane instable d'une année sur l'autre : une seule villa atypique peut déplacer le chiffre de 10 à 15 %. Mauvaise base pour une comparaison directe avec le Centre-ville.
Le Guillaume / Les Hauts. À l'opposé du spectre. Ces secteurs d'altitude présentent des prix au m² très inférieurs à la moyenne communale, avec une liquidité faible et des maisons souvent grandes, sur terrain important. Les DVF y enregistrent peu de mutations par an, parfois moins d'une dizaine selon les micro-zones. Un acheteur qui conclut sur ces données risque de sur-payer si la comparaison est faite avec des biens d'un autre secteur. Ou plus exactement : le risque est d'interpréter un prix médian calculé sur 4 ventes comme un signal de marché solide, ce qu'il n'est pas.
Bois-de-Nèfles. Secteur intermédiaire, entre plaine et Hauts, avec un tissu pavillonnaire diversifié. Prix au m² dans la moyenne basse de la commune. Intéressant pour des investisseurs qui cherchent du rendement locatif, mais le marché vendeur y est lent. Les DVF montrent des délais de détention longs avant revente sur ce secteur, ce qui dit quelque chose sur la liquidité réelle.
Deux quartiers, deux logiques d'achat.
Le Centre-ville convient à un profil qui veut de la liquidité, quitte à payer plus cher au m² : appartement dans une copropriété connue, marché plus profond, revente plus rapide si besoin. Le Plateau Caillou convient à un profil qui cherche de l'espace, accepte un délai de revente plus long, et priorise le cadre résidentiel sur la centralité. Pas de réponse universelle : ça dépend de l'horizon de détention et du projet de vie. Je ne sais pas pour les autres communes réunionnaises, mais sur Saint-Paul ce clivage est net dans les DVF.
Comparer les deux sur la seule médiane DVF sans intégrer la nature des biens (appartement vs maison, surface terrain incluse ou non), c'est jouer profil bas sur la qualité de l'analyse. Un acheteur averti va recouper les données brutes avec la carte DVF Saint-Paul et le DPE de Saint-Paul avant de poser une offre.
Les DVF sont fiables sur ce qu'elles mesurent : la valeur foncière déclarée à l'acte. Mais elles ne capturent pas les meubles vendus avec le bien (qui gonflent parfois le prix notarial sans que la base le signale), ni les ventes en viager (qui dépendent de l'âge du vendeur, pas du marché), ni les adjudications judiciaires (qui cassent les prix).
À Saint-Paul, les successions de biens familiaux vendus entre membres d'une même famille élargie sont fréquentes, et certaines sortent à des valeurs très inférieures au marché libre. Ces mutations ne sont pas filtrées dans les exports bruts. Si tu construis ta propre analyse DVF sur la commune, retire les ventes en dessous du prix médian du quartier avec un écart de 40 % : elles faussent le résultat. Pas si simple à automatiser sans un peu de code, mais selon les recommandations de la DGFIP sur l'usage des DVF, cette approche prudente est cohérente avec l'usage attendu des données.
Autre piège : les lots vendus en bloc (plusieurs appartements d'une même copropriété cédés en une seule mutation) apparaissent comme une ligne unique dans les DVF. Le prix au m² calculé à partir de cette ligne écrase ou gonfle la médiane selon les cas. Ce point-là m'échappe encore en termes de fréquence exacte sur Saint-Paul, mais j'en ai vu sur des communes comparables en France hexagonale.
Pour les marchés plus tendus en métropole, les profils qui cherchent à comparer leur capacité d'achat entre villes peuvent jeter un œil sur Paris, Nantes ou Toulouse : les DVF y sont plus volumineuses et les médianes plus stables statistiquement, ce qui donne un point de repas utile pour calibrer les outils d'analyse.
Le site des notaires de France (statistiques immobilières) publie des indices trimestriels par département, Réunion inclus : c'est une source complémentaire qui permet de voir si la tendance DVF locale colle avec la tendance départementale.
Le marché résidentiel de Saint-Paul est à dominante maison individuelle dans les volumes de transactions DVF, ce qui le distingue d'une ville comme Marseille ou Strasbourg où l'appartement domine. Cette structure pèse sur la lecture des indicateurs : le prix médian toutes typologies confondues mixe des réalités très différentes.
Les appartements se concentrent sur le Centre-ville, L'Hermitage et quelques résidences à Savannah. Leur surface moyenne transactée tourne autour de 60-75 m² selon les données disponibles dans les exports DVF 2024-2025, avec une montée en gamme visible sur les biens récents proche du lagon. Les maisons, elles, se vendent sur l'ensemble du territoire communal avec des surfaces bien plus variables : du bungalow de 80 m² au Bois-de-Nèfles à la villa de 200 m² à L'Hermitage.
Pour un investisseur qui regarde le rendement brut : les appartements anciens du Centre-ville offrent a priori une meilleure liquidité à la revente, mais les maisons des Hauts restent quasi impossibles à valoriser rapidement si le marché se retourne. Deux actifs très différents, que les DVF rangent parfois dans la même ligne « local d'habitation ».
Les données DVF en open data sur data.gouv.fr permettent de filtrer par type de local (appartement, maison) et par commune. C'est gratuit, téléchargeable, et sous-utilisé par les particuliers qui s'en remettent aux estimations d'agence. Franchement, croiser les deux reste la méthode la plus solide.
Si tu veux comparer les profils DPE des biens vendus sur Saint-Paul, la page DPE Saint-Paul complète utilement la lecture DVF sur le volet énergétique, en plus décisif depuis la réforme de 2021 et les ajustements 2025-2026 sur les passoires thermiques.
La façon la plus directe : utiliser la carte DVF Saint-Paul qui affiche les transactions géolocalisées sans manipulation de fichier. Pour ceux qui veulent aller plus loin, le site data.gouv.fr propose les exports bruts par département (La Réunion = département 974), filtrables par commune. Un tableur suffit pour sortir les médianes si tu sais filtrer par code INSEE de Saint-Paul (97415). Mais attention aux lots et aux mutations atypiques évoqués plus haut : une médiane brute sans nettoyage peut s'écarter de 8 à 15 % de la réalité du marché libre.
La tendance 2025-2026 sur La Réunion montre un marché qui s'est stabilisé après la hausse des taux d'emprunt de 2022-2023, sans effondrement des prix. Les notaires de France (statistiques T4 2025) signalent une légère correction sur les maisons dans certaines communes réunionnaises, mais Saint-Paul Centre-ville et L'Hermitage ont mieux résisté grâce à la demande structurelle locale et à l'attractivité touristique. Sur Plateau Caillou et Savannah, la correction a été un peu plus marquée sur les biens énergivores, dans le sillage des nouvelles contraintes DPE. Faut suivre l'évolution trimestrielle, le marché reste mobile.
Le Centre-ville et, dans une moindre mesure, Savannah. Ce sont les deux secteurs qui concentrent suffisamment de transactions annuelles pour que la médiane DVF soit statistiquement robuste. À L'Hermitage ou dans les Hauts, le volume est trop faible : une ou deux ventes atypiques peuvent faire varier la médiane de 20 % d'une année sur l'autre. Pour ces zones, croiser les DVF avec les estimations d'agences locales reste indispensable, même si ça donne moins le sentiment d'objectivité que les chiffres bruts. Pas si simple, mais c'est ce que les données imposent.